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Mfoundi : le préfet recadre les moto-taximen autour du civisme et de l’ordre urbain

Dans la salle feutrée de la Préfecture du Mfoundi, les voix se sont tues, le 24 octobre dernier, lorsque le préfet, Sany Dikdent Emmanuel Mariel, a pris la parole. Face à lui, les présidents des syndicats et associations de conducteurs de moto-taxis, venus répondre à une convocation jugée « urgente et nécessaire ». L’enjeu : remettre un peu d’ordre dans un secteur vital, mais souvent décrié.
Depuis quelques mois, les autorités locales observent une recrudescence de comportements jugés inciviques dans le transport urbain par motocycle : circulation désordonnée, non-respect des feux, attroupements intempestifs, et parfois même implication dans des incidents de sécurité. Le préfet a donc choisi la voie du dialogue pour rappeler à l’ordre sans exclure.

« Le moto-taximan fait partie du paysage économique de la ville. Mais il doit aussi être un acteur du civisme », a-t-il martelé .

Loin d’un discours répressif, la rencontre de ce vendredi a plutôt pris des allures d’appel à la responsabilité partagée. Le préfet a insisté sur la nécessité de repenser les comportements au quotidien et d’impliquer les syndicats dans la sensibilisation de leurs membres.
Les échanges, francs et directs, ont permis aux représentants des conducteurs d’exprimer leurs doléances : tracasseries administratives, contrôles jugés abusifs, ou encore absence de dialogue avec certains services déconcentrés.
À chaque point soulevé, l’autorité préfectorale a prôné la concertation. « Aucun secteur ne peut fonctionner durablement sans organisation, et l’organisation commence par le respect des règles », a rappelé Sany Dikdent Emmanuel Mariel.

Des pistes pour un transport apaisé

Parmi les propositions sorties de la salle de conférence : la mise en place de comités locaux de coordination, la formation des conducteurs sur la sécurité routière et le civisme, et la désignation de relais communautaires pour faciliter la communication entre moto-taximen et forces de l’ordre.
Ces résolutions, selon plusieurs participants, pourraient permettre de réduire les malentendus fréquents entre transporteurs et autorités, tout en améliorant la perception du métier.

Pour l’administration départementale, il ne s’agit pas de stigmatiser une profession qui assure chaque jour la mobilité de milliers de Yaoundéens, mais de redonner un sens au mot responsabilité. Dans un contexte urbain où les motos rivalisent avec les taxis et les voitures sur des axes souvent saturés, le respect du code de la route devient une exigence citoyenne.

« Nous voulons des conducteurs qui soient des partenaires de la ville, pas des facteurs de désordre », a résumé un cadre préfectoral à la sortie de la séance.

En initiant cette rencontre, le préfet du Mfoundi confirme la volonté de l’État de privilégier la pédagogie avant la sanction. Le dialogue amorcé se poursuivra, selon nos informations, à travers des réunions sectorielles dans les arrondissements. Objectif : responsabiliser sans marginaliser, réguler sans étouffer.
Le rendez-vous du 24 octobre 2025 restera comme un signal fort : celui d’une administration décidée à travailler main dans la main avec les acteurs du transport urbain, pour faire de la moto-taxi un symbole d’utilité encadrée plutôt qu’un synonyme de désordre.

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