Médias: le CNC sévit et rappelle les règles du jeu
Le 10 decembre dernier, le Conseil National de la Communication (CNC) a durci le ton à l’issue de sa 48ᵉ session ordinaire tenue ce mercredi. L’organe de régulation des médias a examiné vingt-et-un dossiers impliquant des organes de presse écrite et audiovisuelle et rendu une série de décisions marquées par des suspensions, des avertissements et des reports de procédure, traduisant sa volonté de renforcer la discipline dans le paysage médiatique camerounais.
Le premier dossier opposait NGO’O Cyrus, Directeur général du Port Autonome de Douala, au journal Première Heure, accusé d’avoir publié des informations insuffisamment étayées le présentant comme un « prédateur foncier ». Le CNC a conclu à un manquement aux règles professionnelles d’investigation et de recoupement de l’information. Il a, à cet effet, adressé un avertissement au directeur de publication et suspendu pour une durée de deux mois le journaliste Serge Ateba.
Même fermeté dans l’affaire opposant l’Honorable Manfouo David au journal Climat Social, poursuivi pour des accusations de fraude foncière portées à la Une. Le refus du directeur de publication de répondre aux convocations du Conseil a été assimilé à une entrave à la mission de régulation. Le CNC a ainsi décidé de le suspendre pour deux mois de ses fonctions et de l’exercice de la profession de journaliste.
Le Ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, était également plaignant dans plusieurs dossiers. Le Conseil a sanctionné le journal L’Indépendant Économie pour diffusion d’allégations jugées non fondées, en adressant un avertissement à son directeur de publication et en suspendant pour un mois le journaliste Arsène Ndzana. L’examen des affaires visant Le Reporter Hebdo et L’Émissaire a été reporté, la première pour raisons médicales du mis en cause, la seconde en raison de l’impossibilité de localiser le siège du média.
Sur le plan audiovisuel, la chaîne Vision 4 a été rappelée à l’ordre après la diffusion, sans autorisation, d’un échange téléphonique impliquant le président de la Fédération camerounaise de judo. Le CNC a estimé qu’il s’agissait d’une atteinte à l’éthique et à la vie privée et a adressé un avertissement à la journaliste Annette Keysha Tsoyi à Ikono.
À l’inverse, la procédure engagée contre le journaliste Serge Alain Otou d’Equinoxe TV a été classée sans suite. Le Conseil a jugé que le débat diffusé à l’antenne avait été suffisamment encadré et que le caractère incontestable des décisions du Conseil constitutionnel avait été clairement rappelé.
Enfin, treize chaînes de télévision et de radio, parmi lesquelles la CRTV, Canal 2 International, Equinoxe TV, Vision 4, STV, LTM et My Media Prime, ont été interpellées pour non-respect des mesures d’encadrement en période électorale lors de la campagne des élections régionales du 30 novembre 2025. Sans prononcer de sanctions immédiates, le CNC leur a adressé un avertissement ferme et les a appelées au strict respect des règles, sous peine de mesures disciplinaires plus sévères à l’avenir.
À travers ces décisions, le Conseil National de la Communication réaffirme son rôle de garant de l’éthique, de la responsabilité et du respect des lois dans l’exercice de la liberté de la presse.







































