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Mboa BD Festival : la bande dessinée au service de l’urgence climatique

Mboa BD Festival : la bande dessinée au service de l’urgence climatique

À l’esplanade du Monument de la Réunification, jeudi 19 février, une conférence débat a posé une question centrale : comment la bande dessinée peut-elle aider à raconter l’urgence climatique ? Organisée dans le cadre du Mboa BD Festival — ouvert depuis le 18 février et clôturé le 21 février — cette rencontre a rassemblé journalistes, bédéistes , experts at autres curieux autour de la conviction que la BD peut éclairer et sensibiliser autrement sur les défis environnementaux.

Une conférence pour « rendre visible l’invisible »

Dans un contexte où le Cameroun connaît des précipitations inhabituelles en pleine saison supposée sèche, parfois violentes et abondantes, la question climatique touche directement les populations. Pour la journaliste spécialisée en environnement Ange Moisette Tjega, il ne s’agit pas d’un sujet lointain, mais d’une réalité tangible :
« Le climat n’est pas juste la question des Blancs. C’est une question qui nous touche directement. »
Elle a souligné que la bande dessinée constitue un média particulièrement adapté pour atteindre certains publics :
« Il y a des cibles pour qui la BD est plus adaptée… Même si on n’utilise pas un langage qu’ils comprennent, le langage de l’image parle. »
Ange Moisette a expliqué qu’à travers l’image et le récit, il est possible de franchir les barrières du langage pour toucher des communautés comme les peuples autochtones, pour qui la forêt est un patrimoine vivant. Elle s’est d’ailleurs proposée pour aider les illustrateurs à mieux comprendre les phénomènes climatiques afin d’en faire des histoires pertinentes.

Humour, dessin et pédagogie

Aux côtés de la journaliste, le bédéiste suisse Herji a partagé sa réflexion sur l’impact environnemental du numérique et de l’intelligence artificielle, tout en soulignant l’importance de l’humour :
« L’impact environnemental principal, c’est l’extraction des métaux nécessaires à la production des téléphones et des ordinateurs… il y a encore plein d’autres impacts liés à l’infrastructure, à la consommation d’énergie et d’eau qu’on oublie souvent. »
Herji a expliqué que l’humour peut servir d’outil pédagogique :
« L’humour sert à passer un contact, à toucher les gens indirectement… c’est un outil de transmission. »
Dans son œuvre Ici l’Univers – Voyage en astrophysique, il combine humour et science pour rendre accessibles des concepts complexes comme la physique et la cosmologie à travers le dessin.

L’autre intervenant du panel, Cidic Frank Mboumi, a mis en lumière la puissance de l’image pour rendre compréhensible rapidement des réalités complexes :
« On peut illustrer des concepts très complexes par un dessin simple, résumer des situations complexes par une image compréhensible rapidement. »
Parmi les projets connus de Mboumi figure Les sculptures de Sala, une bande dessinée qui a été présentée dans certains projets d’échanges et de diffusion de BD en Afrique centrale. Bien sûr, sa BD La Voix des masques était celle mise à l’honneur sur l’affiche officielle du festival, racontant le parcours d’un personnage né aveugle mais déterminé à devenir sculpteur dans un monde où l’art est central.

 


Des œuvres inspirantes pour prolonger le message

Au-delà des débats, plusieurs œuvres BD montrent comment le neuvième art peut être un outil de sensibilisation et d’exploration de sujets complexes :
Ici l’Univers – Voyage en astrophysique (Herji, 2022) — une BD qui vulgarise des concepts scientifiques via l’humour et l’image ;
La Voix des masques (Cidic Frank Mboumi) — récit fictif marqué par l’imaginaire et l’identité, mis à l’honneur du festival ;
Les sculptures de Sala (Cidic Frank Mboumi) — une autre création de l’auteur qui s’inscrit dans son univers artistique.
Ces exemples montrent que la BD ne se limite pas au divertissement : elle peut devenir un outil pédagogique, critique et engagé.

Un festival qui confirme son rayonnement

Créé en 2010, le Mboa BD Festival demeure l’unique festival international de bande dessinée du Cameroun et le premier du genre en Afrique centrale. Cette 16e édition, tenue du 18 au 21 février à Yaoundé, a rassemblé une trentaine d’auteurs venant du Cameroun et de plusieurs pays, avec la Suisse comme invitée d’honneur.
Outre les conférences, des ateliers, des expositions et des espaces de débat ont permis de montrer la diversité des talents et l’engouement croissant pour la BD comme outil de communication et d’éducation.

Denise Ebelle

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