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Les syndicalistes plaident pour la régulation du secteur informel au Cameroun

Les syndicalistes camerounais ont exprimé, ce 28 octobre 2025, leur volonté de voir le secteur informel mieux encadré et progressivement intégré dans le système formel. C’était à l’occasion d’une rencontre tenue dans la salle de conférence du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale, sous la présidence du Ministre Grégoire Owona, en présence de plusieurs acteurs économiques et sociaux.

Avec près de 86,6 % de la population active, le secteur informel demeure la principale source d’emploi au Cameroun, selon les chiffres de la 3ᵉ Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel (EESI 3) publiée en 2023 par l’Institut national de la statistique (INS).
Sur ce total, 52 % relèvent du secteur informel non agricole et 34,6 % du secteur agricole. Si ce pan de l’économie contribue de façon significative à la création de richesse et à la lutte contre le chômage, il reste néanmoins marqué par un manque d’organisation, une faible productivité et une quasi-absence de protection sociale.
Le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), appuyé par le Ministère du Commerce et le Ministère des Finances, a déjà mis sur pied plusieurs outils pour faciliter la transition vers le formel : les Centres de Gestion Agréés (CGA), les centres de formalités de création d’entreprise, ou encore la Pépinière nationale pilote d’Edéa.

Grégoire Owona : « Le secteur informel doit être accompagné, mais aussi régulé »

Dans son allocution, le Ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, a salué les efforts des syndicats tout en soulignant la nécessité d’un encadrement plus structuré :

« Le secteur informel constitue un vivier de créativité et de résilience qu’il faut accompagner, mais aussi réguler. Le Cameroun ne peut prétendre à une économie solide et durable sans une véritable intégration de ces acteurs dans le circuit formel. C’est une question d’équité sociale et d’efficacité économique. »

Pour le membre du gouvernement, la formalisation permettra non seulement de mieux protéger les travailleurs, mais aussi d’élargir la base fiscale de l’État tout en stimulant la croissance.

Isaac Bissala appelle à accélérer la transition

Présent à la rencontre, Isaac Bissala, président de l’Union Générale des Travailleurs du Cameroun (UGTC), a rappelé que la question de la formalisation du secteur informel est une vieille préoccupation au niveau international :

« Le problème de la transition du secteur informel vers le secteur formel est à l’ordre du jour de la Conférence internationale du travail depuis 2005. Nous avons pris du retard, mais le ministère des PME est à pied d’œuvre pour accélérer cette évolution. Notre économie ne peut pas durablement reposer sur l’informel. Si tout reste dans ce secteur, il n’y aura pas de plus-value. Il faut rendre les activités formelles pour que tout le monde y gagne : travailleurs comme employeurs. »

L’enjeu de cette mutation s’inscrit dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui préconise la formation, la simplification des procédures et l’amélioration du climat des affaires pour encourager la formalisation progressive des acteurs informels.
À l’issue des échanges, les syndicalistes et le ministère ont convenu de renforcer le dialogue social et de multiplier les campagnes d’information afin de sensibiliser les travailleurs et entrepreneurs aux avantages du formel.
Un engagement fort qui marque une nouvelle étape dans la volonté commune de bâtir une économie camerounaise plus structurée, inclusive et compétitive.

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