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Journée mondiale du SIDA 2025 : À Yaoundé, entre espoirs et alertes, les jeunes tirent la sonnette d’alarme

La Journée mondiale de lutte contre le SIDA s’ést célébrée , ce 1er décembre, dans une atmosphère à la fois grave et dynamique, marquée par une mobilisation visible de tous les acteurs engagés dans la riposte.
Au premier rang, les représentants du gouvernement, des organisations internationales et des structures communautaires. Ils ont suivi avec attention les différentes prises de parole. Mais ce furent les jeunes qui attirèrent l’essentiel des regards, venus porter une voix devenue incontournable dans la lutte contre le VIH.

“Nous avançons mais nous avançons blessés” : les jeunes posaient le diagnostic

Lorsque la Vice-Présidente du RECAJ+ s’ést avancée au pupitre, un silence s’est installé.
Elle a livré un constat lucide, sans complaisance.
« Oui, des progrès ont été réalisés. Oui, la prise en charge s’est améliorée. Mais nous avançons avec des obstacles qui continuent de nous blesser », avait-elle lancé d’une voix posée mais déterminée.
Autour d’elle, plusieurs adolescents vivant avec le VIH acquiesçaient. En marge de la cérémonie, certains racontaient les longues heures d’attente pour obtenir une charge virale, les retours répétés faute de matériel ou les protocoles qui changeaient trop souvent.
La Vice-PCA a résumé ces difficultés dans un plaidoyer direct :
– une intégration réelle des jeunes dans les décisions ;
– un engagement massif de l’État ;
– un renforcement urgent des organisations communautaires, “premier refuge et souvent dernier recours”.

ONUSIDA : entre optimisme prudent et avertissement sévère

Quelques minutes plus tard, le Représentant pays de l’ONUSIDA, Taoufik Bakkali, a pris la parole. Son intervention a mêlé réalisme et espoir.
« Le Cameroun est en bonne voie pour atteindre les objectifs 95-95-95. La dynamique est solide, les efforts visibles », a t-il affirmé.
Mais son ton s’ést vite fait plus grave. Il a évoqué la hausse des nouvelles infections chez les jeunes et les femmes — 3 220 cas enregistrés en 2024, selon l’OMS — et la crise internationale du financement, véritable coup de massue pour les pays africains.
« Certains États ont perdu jusqu’à 90 % de leur financement VIH. Au Cameroun, plusieurs organisations communautaires ont tout simplement collapsé », a-il déploré.
Sur les visages des activistes présents, l’inquiétude était palpable. Beaucoup savent combien le maintien des activités de prévention, de dépistage ou d’accompagnement psychosocial est devenu difficile.

Dans les coulisses : tests rapides, files d’attente et espoirs tenaces

À quelques mètres de la tribune, l’effervescence ne faiblissait pas.
Des dizaines de jeunes et de moins jeunes faisaient la queue pour se faire dépister. D’autres discutaient avec des agents de santé, récupéraient des préservatifs ou s’informaient sur les traitements.
Les équipes médicales notaient une mobilisation plus forte qu’en 2024, notamment grâce aux campagnes ciblées comme Vacances sans SIDA, qui avaient atteint plus de 4,8 millions de jeunes ces dernières années.
Mais elles reconnaissaient aussi les limites : retards dans la remise des résultats, stocks irréguliers de tests, manque de personnel.

Un message commun : consolider les acquis avant qu’il ne soit trop tard

Toutes les interventions convergeaient celles du RECAJ+ et de l’ONUSIDA,de l’Oms, du ministère de.la santé convergeaient sur un point essentiel : la riposte camerounaise pouvait réussir, mais seulement si elle s’adaptait à un contexte totalement bouleversé.
Taoufik Bakkali proposait une feuille de route claire :
– assurer la durabilité financière de la riposte ;
– renforcer l’intégration des programmes de santé ;
– maintenir l’accès continu aux traitements ;
– éviter un retour de l’épidémie malgré la baisse des financements.
De son côté, le RECAJ+ appelait à une exigence simple mais fondamentale : écouter les jeunes, les intégrer, en faire des acteurs à part entière de la lutte.

Lorsque les tentes s’étaient repliées et que les stands s’étaient vidés, une impression générale subsistait : le Cameroun avance, mais sur une ligne de crête.
Entre progrès indéniables et fragilités structurelles, la riposte devait désormais se réinventer pour tenir la promesse de 2030 : un pays où le VIH ne serait plus une menace de santé publique.
Et ce jour-là, ce furent les jeunes — par leur voix directe, leur présence et leur détermination — qui avaient rappelé que cette promesse ne pourrait être tenue sans eux.

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