À Yaoundé, les femmes élues locales affûtent leurs outils pour combattre les violences basées sur le genre
Durant deux jours, les femmes élues locales du Cameroun se sont réunies à Yaoundé pour un atelier de renforcement des capacités consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Portée par ONU Femmes, cette formation a permis d’outiller les participantes, de consolider un réseau d’action et d’élaborer un plan stratégique destiné à guider leurs interventions dans les communes.
Un atelier pour comprendre, analyser et agir
La représentante résidente d’ONU Femmes, Marie Pierre Racky Chaupin, a salué en clôturant les travaux la posture collective adoptée tout au long de la rencontre. Selon elle, la force de cet atelier réside dans sa capacité à réunir des femmes dirigeantes autour d’un même objectif : « venir ensemble, parler ensemble, s’engager ensemble et coordonner nos efforts pour créer un véritable impact ».
Elle a souligné que les échanges ont permis d’approfondir la compréhension des formes visibles et invisibles de violences : violences structurelles, culturelles, normes patriarcales et VBG. Elle a appelé les élues à maintenir le cap : « Vous êtes et vous devez rester des ambassadrices du changement dans vos communes ».
Rappelant que « une femme sur trois dans le monde subit des violences au cours de sa vie », elle a insisté sur l’urgence de s’attaquer aux causes profondes et de bâtir des solutions locales pertinentes. Elle a aussi salué la diversité des profils présents, notamment la contribution d’une écrivaine venue partager son expérience, et réaffirmé l’engagement d’ONU Femmes et des autres agences du système onusien à accompagner les municipalités dans la mise en œuvre du plan d’action adopté.
Pour la présidente du Réseau des Femmes Élues Locales du Cameroun (REFELACAM), Marie Angèle Meyanga Noah, cet atelier a été bien plus qu’une simple formation. C’est une mobilisation autour d’un enjeu national.
Elle a rappelé que les violences faites aux femmes ne peuvent être perçues comme un simple fait de société : elles constituent « un appel à l’action, à la solidarité et au changement ». Elle a salué la force du réseau consolidé au fil des échanges et encouragé les participantes à porter cette dynamique sur le terrain.
Elle a adressé ses remerciements aux femmes maires, aux organisations de la société civile, aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’à la jeune femme ayant courageusement partagé son histoire. Elle a invité les élues à se tenir unies pour soutenir les survivantes et amplifier les voix des femmes dans les instances locales de décision.
Cap sur la mise en œuvre d’un plan d’action ambitieux
L’un des acquis majeurs de la rencontre est l’élaboration d’un plan d’action concret. Celui-ci servira de guide pour développer des initiatives de prévention, renforcer la communication autour des VBG, améliorer la médiation et accompagner les victimes dans les communes.
Les modules sur le plaidoyer, la médiation et la résolution des conflits ont par ailleurs permis de renforcer le leadership des participantes, désormais mieux armées pour impulser des initiatives locales.
Cet atelier ouvre une nouvelle phase pour les femmes élues locales, qui entendent désormais traduire ces connaissances en actions tangibles dans leurs territoires. Avec l’appui d’ONU Femmes et des agences des Nations Unies, et le leadership affirmé du REFELACAM, les participantes repartent engagées à faire reculer les violences faites aux femmes et aux filles et à renforcer la protection des populations féminines dans leurs communautés.









































