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Journée mondiale du braille : des parcours inspirants au service de l’inclusion

Journée mondiale du braille : des parcours inspirants au service de l’inclusion

Journaliste, enseignant, doctorant… Leurs parcours académiques et professionnels forcent l’admiration et déconstruisent les préjugés liés au handicap visuel. Tous ont en commun la maîtrise du braille, cet outil qui leur a ouvert les portes du savoir, de l’information et d’une insertion professionnelle réussie. Ces trajectoires inspirantes étaient au cœur de la conférence-partage organisée, le 7 janvier dernier, par le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), en partenariat avec la Mission Évangélique Braille, à l’occasion de la 25ᵉ édition de la Journée mondiale du braille.
Placée sous le thème « Témoin et transformateur : le braille comme moteur d’inclusion entre journalisme et enseignement », cette rencontre engagée avait pour objectif de promouvoir le braille comme levier fondamental d’inclusion scolaire, professionnelle et sociale des personnes vivant avec un handicap visuel.

Dans un monde marqué par une digitalisation accélérée des savoirs, le CJARC a tenu à rappeler que le braille demeure un pilier incontournable de l’autonomie intellectuelle des personnes aveugles ou malvoyantes. Loin d’être un outil dépassé, il constitue une véritable passerelle vers l’éducation de qualité, l’accès à l’information et l’exercice de métiers exigeants.
« Nous avons voulu saisir cette 25ᵉ Journée mondiale du braille pour favoriser un échange entre personnes expérimentées et jeunes utilisateurs du braille. L’objectif est de transmettre des connaissances, mais surtout de motiver ceux qui doutent encore de son utilité », explique COCO Bertin, Directeur du CJARC.
« En invitant des profils professionnels variés, nous avons voulu démontrer que la maîtrise du braille permet une insertion sociale réussie et ouvre de réelles perspectives d’avenir », ajoute-t-il.

Journalisme et enseignement : des parcours qui brisent les préjugés

Au cœur de cette conférence-partage, des professionnels non-voyants ont livré des témoignages édifiants sur leurs parcours académiques et professionnels. Journalistes, enseignants et formateurs ont démontré que la maîtrise du braille, combinée aux outils numériques adaptés, permet d’exercer des fonctions de haute responsabilité.
« Le braille est fondamental. Après avoir perdu la vue très jeune, je n’avais d’autre choix que de l’apprendre. C’est grâce à lui que j’ai obtenu mes examens officiels au secondaire. Aujourd’hui, grâce à ce même braille, je suis candidat au doctorat, journaliste et enseignant. Le braille est comme le stylo qui nous permet d’écrire notre avenir », témoigne Pascal Somb Lingom, journaliste en service au poste national.

Braille et numérique : une complémentarité gagnante

Le numérique ne signe pas la fin du braille. Le CJARC a démontré que les deux outils se renforcent mutuellement. Les plages braille, les logiciels de lecture d’écran et les supports numériques adaptés élargissent aujourd’hui les opportunités académiques et professionnelles.
« Le braille est un outil de base que j’utilise notamment pour la préparation de mes cours. Associé à l’informatique braille, il améliore considérablement la qualité de mes enseignements. Je me bats pour prouver que le handicap visuel n’est pas une limite à l’accès aux métiers de l’enseignement », confie Gabriel, enseignant de philosophie.

À travers cette commémoration, le CJARC et la Mission Évangélique Braille entendent sensibiliser les pouvoirs publics, les établissements scolaires et les médias à l’urgence d’investir dans l’enseignement du braille dès le plus jeune âge.
« De nombreux jeunes souhaitent apprendre le braille mais se heurtent au manque de matériel didactique spécialisé, encore très coûteux et peu accessible dans notre pays. Dans nos organisations, nous faisons de notre mieux pour pallier ce déficit », déplore COCO Bertin.
Selon lui, le Cameroun compte environ 200 000 personnes déficientes visuelles qui ont besoin d’apprendre le braille, mais restent limitées par l’insuffisance de matériel tel que les tablettes braille, poinçons, cubarithmes et autres outils spécialisés.
Un appel est ainsi lancé aux décideurs publics afin qu’ils prennent des mesures concrètes pour rendre ces équipements accessibles et favoriser une inclusion durable.

Journée mondiale du braille : des parcours

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