Présidentielle 2025 : Issa Tchiroma accusé de violation du Code électoral et d’incitation à la révolte

Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a affirmé que le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), Issa Tchiroma Bakary, s’est rendu coupable de violations répétées du Code électoral et d’actes de provocation à l’ordre public à la suite de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.S’exprimant après la proclamation officielle des résultats le 27 octobre 2025 par le Conseil constitutionnel, le membre du gouvernement a rappelé que le président Paul Biya, candidat du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), a été déclaré vainqueur du scrutin avec 53,66 % des suffrages valablement exprimés.Selon le ministre, M. Tchiroma aurait délibérément violé la loi électorale en s’autoproclamant président élu dès le 14 octobre, alors même que le processus de compilation et de validation des résultats n’était pas achevé. Il aurait, dans la foulée, multiplié les appels à l’insurrection sur les réseaux sociaux, invitant ses partisans à descendre dans la rue pour « défendre sa victoire ». Vagues de violences Ces appels auraient entraîné, selon le gouvernement, une série de troubles dans plusieurs localités du pays. Des scènes de violence et de pillage ont été enregistrées à Douala, Dschang, Garoua, Bandja, Ngong, Figuil et Mandjou. Plusieurs édifices publics et privés — sous-préfectures, brigades de gendarmerie, antennes d’ELECAM, mairies et commerces — ont été incendiés ou saccagés.Paul Atanga Nji a fait état de pertes en vies humaines et de plusieurs blessés graves parmi les forces de l’ordre, tout en saluant « le professionnalisme et la réactivité des autorités administratives et sécuritaires » qui ont, selon lui, « évité le pire ». Des poursuites annoncées Le ministre a précisé que le candidat du FSNC devra répondre de ses actes devant les juridictions compétentes pour autoproclamation illégale, incitation à la révolte et destruction de biens publics. Il a également mis en garde ceux qu’il qualifie de « médias de la haine », accusés de relayer les messages séditieux et de contribuer à la désinformation.« Les services spécialisés rassemblent actuellement toutes les preuves – messages, vidéos, publications – pour identifier et traduire leurs auteurs devant la justice », a-t-il averti, soulignant que l’État ne tolérera aucune atteinte à la paix et à la stabilité nationales. Malgré les tensions observées dans certaines zones, la situation sécuritaire reste globalement sous contrôle, a assuré le ministre. Il a invité les citoyens à « tourner la page des divisions », à vaquer normalement à leurs occupations et à « demeurer des artisans de paix ».Pour conclure, Paul Atanga Nji a réaffirmé la détermination du gouvernement à faire respecter la légalité républicaine et à préserver la cohésion nationale après un scrutin qu’il a qualifié de globalement calme et transparent, selon les rapports des observateurs nationaux et internationaux.

Scrutin présidentiel : le MINAT salue un vote apaisé et rappelle le respect du cadre légal

Le Ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a dressé ce dimanche 12 octobre 2025, un premier bilan du scrutin présidentiel tenu sur toute l’étendue du territoire national. Selon lui, les électeurs se sont rendus aux urnes dans le calme et la discipline, marquant une étape importante du processus démocratique. En application du décret présidentiel du 11 juillet 2025 convoquant le corps électoral, les 31 653 bureaux de vote ont ouvert à 8 heures précises et fermé à 18 heures dans les 360 arrondissements du pays. Les bulletins des douze candidats validés par le Conseil constitutionnel ont été distribués par Elections Cameroon (ELECAM) dans toutes les régions, a assuré le membre du gouvernement. D’après les rapports transmis au MINAT par les autorités administratives, aucun incident majeur n’a été signalé. Le ministre s’est félicité du bon déroulement des opérations de vote, tout en notant une « faible représentation de certains candidats dans plusieurs bureaux de vote ». Ces constats, a-t-il ajouté, seront affinés au fur et à mesure que les commissions locales achèveront leurs travaux. Le processus électoral a également été suivi par de nombreux observateurs. Le MINAT a indiqué avoir enregistré 165 demandes d’accréditation provenant d’organismes nationaux et internationaux, d’associations religieuses, d’ONG et de missions diplomatiques. Au total, 5 575 observateurs ont obtenu leur accréditation et ont circulé librement à travers les dix régions, « dans le respect des lois de la République ». Alerte contre les faux résultats Tout en saluant la maturité politique des électeurs, le ministre a dénoncé des tentatives d’annonce illégale de résultats à travers des plateformes non autorisées. Il a rappelé que la centralisation et la publication des résultats relèvent exclusivement des commissions de supervision et du Conseil constitutionnel, seules institutions habilitées à proclamer les résultats officiels. « Toute initiative parallèle sera considérée comme une provocation et traitée comme telle », a prévenu Paul Atanga Nji, citant le Président Paul Biya : « Il ne faut pas jouer avec le Cameroun. » Pour le MINAT, la phase électorale s’achève et la parole revient désormais aux instances de centralisation. « Dès aujourd’hui, la récréation est terminée. Les institutions compétentes prennent le relais », a-t-il martelé, invitant les candidats à faire preuve de responsabilité et à recourir uniquement aux voies légales pour toute contestation. Le ministre a également mis en garde contre la diffusion de faux résultats ou la manipulation de données électorales sur Internet. Toute infraction en ce sens, a-t-il insisté, « sera sanctionnée sans complaisance, conformément à la loi ». En clôturant son propos, Paul Atanga Nji a réitéré la position du gouvernement : le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 s’est tenu dans un climat apaisé, sécurisé et globalement satisfaisant sur l’ensemble du territoire camerounais.

Maroua : sous la baguette de Midjiyawa Bakari, une visite présidentielle transformée en leçon d’efficacité

Le 8 octobre 2025, Maroua n’a pas seulement accueilli le Chef de l’État et son épouse. La capitale de l’Extrême-Nord a offert au pays une démonstration d’organisation, de discipline et d’unité rarement observée à ce niveau. Derrière cette orchestration millimétrée, un homme : Midjiyawa Bakari, gouverneur de la région, dont la maîtrise et le sens du devoir ont marqué les esprits. Un travail de fond avant la lumière Bien avant les projecteurs, les discours et les acclamations, la transformation de Maroua avait déjà commencé. Sous l’impulsion du gouverneur, la ville s’est refait une beauté : routes nettoyées, trottoirs repeints, façades ravalées, espaces publics réhabilités. Les axes stratégiques reliant l’aéroport au centre-ville ont été minutieusement inspectés, les services techniques mobilisés jour et nuit. Rien n’a été laissé au hasard. Du protocole au balisage sécuritaire, chaque acteur savait sa mission. C’est dans cette précision que se lit la marque de Midjiyawa Bakari : une rigueur discrète mais implacable, un sens du détail qui élève le travail administratif au rang d’art. « À Maroua, tout a été pensé, planifié et exécuté dans l’esprit du Renouveau », confie un haut responsable régional. « Le gouverneur a voulu que cette visite soit le miroir de la loyauté et de la dignité de sa population. » Un accueil populaire Le jour J, dès l’aube, la ville s’est couverte de monde. Des milliers de personnes, venues des six départements de la région, ont convergé vers les rues de Maroua. À l’aéroport de Maroua-Salak, le Couple Présidentiel a été accueilli dans une ferveur maîtrisée : chants, danses, drapeaux brandis, sourires radieux. Si l’ambiance était électrique, l’ordre n’a jamais vacillé. Les dispositifs de sécurité, pensés jusque dans le moindre détail, ont assuré la fluidité du cortège présidentiel. Entre enthousiasme et discipline, Maroua a offert au Cameroun une image rare : celle d’une région à la fois joyeuse et responsable. Et c’est là qu’apparaît la signature du gouverneur : un leadership capable de fédérer, sans jamais écraser. Il n’impose pas, il coordonne. Il ne s’expose pas, il agit. C’est dans cette posture qu’il a bâti sa réputation d’homme de l’ordre et du dialogue. À l’heure où certaines régions du pays affrontent des tensions post-électorales, l’Extrême-Nord se distingue par sa stabilité retrouvée. Ce climat apaisé n’est pas un hasard : Midjiyawa Bakari y veille avec la vigilance d’un bâtisseur. Il encourage les concertations locales, renforce la présence de l’État sur le terrain et rappelle à chaque responsable administratif le sens du devoir et de la neutralité. Sous sa gouvernance, la paix est devenue une discipline collective. Chaque visite ministérielle, chaque événement officiel est une opportunité pour renforcer le lien entre les institutions et les citoyens. « Le gouverneur ne parle pas de paix, il l’organise », confie un notable de Makary. « Son autorité inspire confiance parce qu’elle est juste. » Un modèle de gouvernance à visage humain Midjiyawa Bakari n’est pas seulement un administrateur rigoureux. Il est aussi un homme d’écoute, proche des réalités locales. Dans les marchés, les chefferies ou les zones rurales, sa présence rassure. Il sait conjuguer exigence administrative et compassion sociale, un équilibre rare dans le paysage institutionnel. Il soutient les jeunes porteurs de projets, encourage les groupements féminins et veille à ce que chaque commune bénéficie des retombées du développement régional. Son approche se résume en trois mots : écouter, planifier, agir. La visite du Couple Présidentiel à Maroua n’aura duré qu’un jour, mais son empreinte restera durable. Pour les populations, elle fut une fierté. Pour l’administration, une démonstration. Et pour Midjiyawa Bakari, une confirmation : celle d’un homme capable de faire rayonner sa région sans fracas, par la seule force de l’organisation et du devoir accompli. En redonnant à Maroua son éclat et à l’Extrême-Nord sa confiance, il a prouvé qu’un gouverneur pouvait être à la fois stratège, rassembleur et bâtisseur. À l’image de sa région, il avance sans bruit, mais avec assurance.

Canne blanche : le CJARC veut éduquer les conducteurs pour protéger les malvoyants

À Yaoundé, le 15 octobre 2025, le Centre des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) a célébré la 45ᵉ Journée internationale de la canne blanche sous le signe de la sécurité routière et de la sensibilisation. L’organisation appelle à une meilleure prise en compte du langage de la canne blanche dans la formation des conducteurs et plaide pour sa reconnaissance officielle par les pouvoirs publics. Pour Dr Coco Bertin, directeur général du CJARC, cette édition marque un tournant. « Nous voulons nous adresser spécifiquement aux auto-écoles et aux syndicats de transporteurs afin qu’ils intègrent la formation au langage de la canne blanche dans leurs programmes », a-t-il indiqué. Cette démarche vise à rendre la route plus sûre pour les personnes déficientes visuelles. Le centre prévoit également de lancer des campagnes nationales de vulgarisation et de soumettre un plaidoyer au gouvernement pour rendre ce langage obligatoire dans l’enseignement de la conduite. Un symbole d’inclusion citoyenne Le thème retenu cette année — « Canne blanche, outil d’inclusion et de participation citoyenne en période électorale » — rappelle l’importance de cet instrument, non seulement comme aide à la mobilité, mais aussi comme symbole d’autonomie et de citoyenneté.Lors de la cérémonie, le CJARC a remis 200 cannes blanches à des bénéficiaires venus de tout le pays, en présence des représentants du Ministère des Affaires sociales et de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés. Un langage visuel à apprendre Le cofondateur du CJARC, Amahata Adibita Martin Luther, a présenté les gestes essentiels du langage de la canne blanche. « Quand la canne est levée vers le ciel, c’est un signe de détresse. Quand les pieds forment un V et que l’index est levé, cela signifie que la personne cherche un taxi », a-t-il expliqué. Mais, regrette-t-il, ces gestes restent largement inconnus : « Beaucoup d’usagers ignorent nos codes. C’est pourquoi nous devons éduquer la société, pour qu’elle sache que nous existons aussi sur la route. » « J’ai échappé de peu à un accident » Un témoignage poignant est venu rappeler la nécessité d’une telle éducation.Arnaud Djuiki, malvoyant, raconte : « Un véhicule m’a cédé le passage, mais ceux qui suivaient ont doublé sans chercher à comprendre. J’avais déjà commencé à traverser. C’est de justesse que j’ai évité l’accident. » Pour lui, il faut désormais passer de la sensibilisation à la contrainte : « La canne blanche est juridiquement reconnue. Le Cameroun a ratifié la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées. Il faut maintenant des actions8 concrètes et des sanctions pour ceux qui ne respectent pas les règles. » Au-delà de la célébration, le CJARC appelle à une prise de conscience nationale autour du respect de la canne blanche. « C’est un langage universel. Pour qu’il protège, encore faut-il que chaque citoyen en comprenne le sens », a conclu Dr Coco Bertin.

Présidentielle 2025 : le CNC met en garde contre la diffusion prématurée de faux résultats

Le Conseil National de la Communication (CNC) exprime sa vive préoccupation face à la prolifération, dans les médias et sur les réseaux sociaux, de publications hâtives et non autorisées de données présentées comme les résultats de l’élection présidentielle.Dans un communiqué rendu public le 13 octobre 2025 à Yaoundé, le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, dénonce une situation qui, selon lui, « menace l’intégrité et la sincérité du processus électoral ». L’organe de régulation des médias observe que certaines plateformes diffusent des chiffres partiels et non vérifiés, souvent qualifiés à tort de « résultats officiels ».Le CNC rappelle que la loi électorale distingue clairement les « résultats des bureaux de vote » du Résultat Définitif de l’élection, lequel ne peut être proclamé que par le Conseil constitutionnel, seule instance légalement habilitée à le faire. Les chiffres actuellement partagés sur la toile, précise le communiqué, sont « des données sectorielles et transitoires, susceptibles de contestations et de corrections par les instances intermédiaires avant le prononcé définitif. L’institution avertit que la diffusion prématurée et sélective de tels chiffres « vise à induire en erreur l’opinion publique et à compromettre la crédibilité du processus électoral ». Elle qualifie cette pratique de « dérive dangereuse » et invite les professionnels des médias ainsi que les utilisateurs des réseaux sociaux à faire preuve de civisme, de retenue et de responsabilité.Le CNC souligne que toute publication prétendant proclamer les résultats de l’élection présidentielle en dehors du cadre légal constitue une atteinte grave à la crédibilité du processus électoral. Le CNC prêt à sévir en cas de manquement Dans son communiqué du 13 octobre, le Conseil avertit qu’il se réserve le droit de mettre en œuvre les mesures de régulation appropriées en cas de récidive. Cette position s’inscrit dans sa mission de veiller au respect de la liberté de la communication sociale, tout en garantissant l’éthique et la déontologie professionnelles dans le traitement de l’information.En conclusion, le CNC appelle l’ensemble des acteurs médiatiques à accompagner le processus démocratique avec responsabilité et transparence, en s’abstenant de toute publication non conforme au cadre légal jusqu’à la proclamation officielle du Résultat Définitif par le Conseil constitutionnel.

Les syndicalistes plaident pour la régulation du secteur informel au Cameroun

Les syndicalistes camerounais ont exprimé, ce 28 octobre 2025, leur volonté de voir le secteur informel mieux encadré et progressivement intégré dans le système formel. C’était à l’occasion d’une rencontre tenue dans la salle de conférence du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale, sous la présidence du Ministre Grégoire Owona, en présence de plusieurs acteurs économiques et sociaux. Avec près de 86,6 % de la population active, le secteur informel demeure la principale source d’emploi au Cameroun, selon les chiffres de la 3ᵉ Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel (EESI 3) publiée en 2023 par l’Institut national de la statistique (INS).Sur ce total, 52 % relèvent du secteur informel non agricole et 34,6 % du secteur agricole. Si ce pan de l’économie contribue de façon significative à la création de richesse et à la lutte contre le chômage, il reste néanmoins marqué par un manque d’organisation, une faible productivité et une quasi-absence de protection sociale.Le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), appuyé par le Ministère du Commerce et le Ministère des Finances, a déjà mis sur pied plusieurs outils pour faciliter la transition vers le formel : les Centres de Gestion Agréés (CGA), les centres de formalités de création d’entreprise, ou encore la Pépinière nationale pilote d’Edéa. Grégoire Owona : « Le secteur informel doit être accompagné, mais aussi régulé » Dans son allocution, le Ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, a salué les efforts des syndicats tout en soulignant la nécessité d’un encadrement plus structuré : « Le secteur informel constitue un vivier de créativité et de résilience qu’il faut accompagner, mais aussi réguler. Le Cameroun ne peut prétendre à une économie solide et durable sans une véritable intégration de ces acteurs dans le circuit formel. C’est une question d’équité sociale et d’efficacité économique. » Pour le membre du gouvernement, la formalisation permettra non seulement de mieux protéger les travailleurs, mais aussi d’élargir la base fiscale de l’État tout en stimulant la croissance. Isaac Bissala appelle à accélérer la transition Présent à la rencontre, Isaac Bissala, président de l’Union Générale des Travailleurs du Cameroun (UGTC), a rappelé que la question de la formalisation du secteur informel est une vieille préoccupation au niveau international : « Le problème de la transition du secteur informel vers le secteur formel est à l’ordre du jour de la Conférence internationale du travail depuis 2005. Nous avons pris du retard, mais le ministère des PME est à pied d’œuvre pour accélérer cette évolution. Notre économie ne peut pas durablement reposer sur l’informel. Si tout reste dans ce secteur, il n’y aura pas de plus-value. Il faut rendre les activités formelles pour que tout le monde y gagne : travailleurs comme employeurs. » L’enjeu de cette mutation s’inscrit dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui préconise la formation, la simplification des procédures et l’amélioration du climat des affaires pour encourager la formalisation progressive des acteurs informels.À l’issue des échanges, les syndicalistes et le ministère ont convenu de renforcer le dialogue social et de multiplier les campagnes d’information afin de sensibiliser les travailleurs et entrepreneurs aux avantages du formel.Un engagement fort qui marque une nouvelle étape dans la volonté commune de bâtir une économie camerounaise plus structurée, inclusive et compétitive.

Le Pr François-Xavier Mbopi-Kéou plaide pour une recherche biomédicale plus audacieuse

e 15 octobre 2025, à la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I, un symposium scientifique a rassemblé enseignants, chercheurs et étudiants autour des avancées sur l’immunothérapie et la lutte contre les infections. Présidée par le Pr François-Xavier Mbopi-Kéou, la rencontre a mis en exergue la place centrale de la recherche et de la vaccination dans la santé publique au Cameroun. Face à un amphithéâtre qui a fait son plein d’oeuf, le Pr Mbopi-Kéou, chef du Département de Microbiologie, Hématologie, Parasitologie, Immunologie et Maladies infectieuses, a d’emblée rappelé la vocation de sa structure : « Notre rôle est de combattre l’infection dans toutes ses dimensions. »Une mission d’autant plus cruciale que, selon lui, les maladies émergentes rappellent sans cesse l’importance du vaccin. « De l’époque du VIH jusqu’à la Covid-19, l’humanité a appris que le vaccin demeure un outil vital de survie collective. » Le thème retenu pour ce symposium avait été validé un mois auparavant, mais il a pris une résonance particulière après l’annonce du Prix Nobel de Médecine 2025, attribué aux professeurs Sakaguchi, Grunecoff et Barkoff.« Leurs travaux sur les lymphocytes régulateurs ont démontré qu’il est possible de renforcer la défense de l’organisme sans le déstabiliser », a expliqué le Pr Mbopi-Kéou.Ces cellules, a-t-il poursuivi, « permettent non seulement de mieux comprendre la réponse immunitaire, mais aussi d’imaginer des vaccins capables de produire des anticorps neutralisants plus efficaces contre des variants de virus. » L’immunité, un pont entre biologie et médecine Selon le Pr Mbopi-Kéou, toute compréhension clinique doit s’appuyer sur la biologie. « Il n’y a pas de médecine sans biologie, et pas de biologie sans maîtrise des mécanismes de défense de l’organisme », a-t-il insisté.Il a encouragé les étudiants venus de différentes filières – médecine, pharmacie, odontostomatologie, biologie ou clinique – à intégrer cette logique d’interconnexion.Évoquant les disparités observées lors de la pandémie de Covid-19, il a introduit le concept de tropisme biologique et social : « Chaque individu réagit différemment selon sa constitution et son environnement. » La vaccination, un devoir de responsabilité Répondant à une question sur la méfiance vaccinale, le Pr Mbopi-Kéou a été direct :« Nous avons été parmi les premiers à nous faire vacciner. Se vacciner, c’est se protéger et protéger les autres. »Il a déploré la désinformation qui entoure la question : « Refuser le vaccin, c’est refuser la connaissance. Mon maître, le Pr Luc Montagnier, disait : “L’esprit étroit devient coupable.” »Avec humour, il a ajouté : « Certains avaient annoncé ma mort depuis longtemps, pourtant je suis là. C’est dire que les vaccins n’ont pas tué, ils ont sauvé. »Et d’insister : « Tous les vaccins homologués ont été testés et validés. Dans certains pays, celui contre la grippe est même renouvelé chaque année. » Le professeur, également directeur du Centre de recherche et de contrôle des maladies et conseiller du Secrétaire général de l’OMS, a rappelé que la plupart des vaccins disponibles au Cameroun sont sponsorisés et gratuits, notamment celui contre la Covid-19.Mais il a aussitôt relevé un paradoxe : « Nous dépendons encore trop des financements extérieurs. Il est temps d’apprendre à nous prendre en charge. »Pour lui, la recherche nationale doit être mieux soutenue : « Le Cameroun a du potentiel. Nous avons été les premiers à créer un département de médecine traditionnelle à l’université. Cette vision, initiée par le Pr Gandui – aujourd’hui disparu – doit se poursuivre pour valoriser la pharmacopée africaine. » Financer les chercheurs, une urgence nationale Le Pr Mbopi-Kéou regrette que la recherche reste le parent pauvre des politiques publiques. « Nous devons financer nos chercheurs, offrir des bourses d’excellence et créer des pôles d’innovation capables d’éviter la duplication des travaux. »Il cite l’exemple de l’Afrique du Sud, « qui a séquencé la première le virus de la Covid-19, ouvrant la voie aux vaccins africains ».Pour lui, cette réussite prouve que « l’Afrique a les ressources humaines et intellectuelles nécessaires pour contribuer à la science mondiale ». Soutenir les étudiants, préparer la relève L’orateur a également plaidé pour une meilleure prise en charge des étudiants, notamment ceux qui ne sont pas encore fonctionnaires :« Sept à douze ans d’études, c’est un long parcours. Ces jeunes méritent des bourses régulières et un soutien constant. Ils subissent une double peine en raison du manque d’assistance. »Il a souligné le déséquilibre criant entre la formation et l’emploi : « Un médecin pour 4000 à 6000 habitants, c’est intenable. Et pourtant, beaucoup de diplômés restent sans poste. » Une jeunesse curieuse et prometteuse La forte participation des étudiants à cette rencontre a impressionné le professeur.« Ce n’était pas un cours, mais la salle était pleine. Cela montre la soif de savoir de notre jeunesse. »Pour lui, cette énergie doit être canalisée : « Si on leur offre un cadre et des moyens, ces jeunes peuvent transformer notre système de santé. »Il a cité en exemple l’ambassadeur John Kengas, formé à Yaoundé I et aujourd’hui en poste à Washington, ainsi que Henri Appi, chercheur camerounais classé parmi les 100 scientifiques les plus influents du monde.« Nous travaillons ensemble à la mise en place d’une plateforme de chercheurs de la diaspora pour renforcer la recherche africaine », a-t-il révélé. En clôturant son propos, le Pr Mbopi-Kéou a lancé un message fort :« L’Afrique n’est pas en retard, elle est en attente de confiance. Il n’existe pas de peuples plus intelligents que d’autres, il n’y a que des nations qui encadrent mieux leurs talents. À nous de bâtir le savoir et le progrès sur nos propres forces.>> Propos recueillis lors du symposium scientifique du 15 octobre 2025, à la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I.

Port autonome de Douala : un chiffre d’affaires en hausse malgré la baisse du trafic maritime

La récente note de conjoncture économique du ministère des Finances révèle une situation contrastée au Port autonome de Douala (PAD) au premier trimestre 2025. L’entreprise publique enregistre une croissance remarquable de 25,9 % de son chiffre d’affaires, alors même que son trafic global se contracte de 6,9 %.Le recul observé découle principalement de la baisse du tonnage des marchandises à l’importation (-8,1 %) et à l’exportation (-1,8 %). Par ailleurs, le nombre de navires ayant accosté au port de Douala-Bonabéri a chuté de 293 à 260 entre le quatrième trimestre 2024 et le premier trimestre 2025, soit une diminution de 11 %.En dépit de cette contre-performance logistique, les revenus du PAD progressent, soutenus notamment par le versement en début d’année des redevances domaniales. En comparant sur une base annuelle, le ministère note une hausse de 3,2 % des recettes liées au transport maritime, mais un recul de 2,9 % du trafic total, imputable à la baisse de 1,3 % des volumes importés et de 9 % des volumes exportés. Ces chiffres traduisent les tensions persistantes sur la chaîne portuaire nationale. Véritable poumon économique du Cameroun et du golfe de Guinée, le port de Douala concentre entre 75 % et 85 % du fret national et assure une fonction de transit essentielle pour le Tchad et la République centrafricaine. Mais il n’échappe pas à des contraintes structurelles majeures. La congestion du port demeure l’un des principaux défis : selon les données de la plateforme Gocomet, les navires patientent désormais environ neuf jours avant accostage, contre une moyenne de sept jours dans d’autres ports de la sous-région, tels qu’Abidjan ou Lekki au Nigeria.Cette situation trouve son origine dans plusieurs facteurs combinés : la nécessité d’un dragage régulier du fleuve Wouri pour permettre la navigation des gros tonnages, les fortes pluies qui ralentissent les opérations, ainsi que le démarrage de la campagne d’exportation du cacao et l’augmentation de la demande régionale, qui accentuent la saturation des terminaux. S’ajoutent à cela la vétusté des équipements, la lenteur des travaux de dragage et la croissance continue du trafic, autant d’éléments qui fragilisent la compétitivité du port.Conscient de ces défis, le management du PAD mise sur la modernisation pour redynamiser les performances. À cet effet, un programme d’investissement de 12 milliards de FCFA a été engagé fin 2023. Il prévoit notamment l’acquisition de huit nouvelles grues de parc, dans l’optique d’améliorer la productivité et de renforcer les capacités opérationnelles du principal port camerounais.

Zone Cemac : la BEAC injecte 800 milliards de FCFA pour soutenir la liquidité bancaire

Pour la première fois de son histoire, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé de porter à 800 milliards de FCFA le volume de refinancement mis à la disposition des banques commerciales et établissements de crédit de la sous-région. La mesure, adoptée le 28 octobre 2025, illustre la montée en puissance des besoins de trésorerie au sein des économies de la Cemac.D’après plusieurs observateurs, cette initiative traduit le renforcement de l’activité de crédit dans les six pays membres. En général, les banques recourent à la BEAC lorsque les demandes de prêts des entreprises et ménages dépassent leurs fonds propres. L’augmentation de l’enveloppe hebdomadaire constitue donc un signal fort : jamais auparavant l’institut d’émission n’avait proposé un tel niveau de liquidité. Cette décision intervient dans un contexte de forte tension sur les besoins de financement. Lors des précédentes opérations, menées les 7 et 14 octobre 2025, la banque centrale avait déjà relevé son offre à 750 milliards de FCFA, alors que les demandes des établissements s’élevaient respectivement à 817 et 786 milliards de FCFA.Cette montée en puissance s’inscrit dans la stratégie de soutien monétaire mise en œuvre par la BEAC. En mars 2025, celle-ci avait assoupli sa politique en ramenant le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) de 5 % à 4,5 %, après une longue période de resserrement destinée à maîtriser l’inflation. Depuis lors, la demande de liquidité ne cesse de croître, poussant la banque centrale à ajuster progressivement ses injections : 200 milliards au début de l’année, puis 800 milliards à la fin d’octobre.Si cette orientation vise à stimuler le financement de l’économie régionale, certains économistes mettent toutefois en garde contre un risque de hausse des taux d’intérêt sur les prêts bancaires, conséquence possible d’une demande de crédit toujours soutenue dans la zone Cemac.

Calcaire de Sikoum : la Sonamines en quête d’un expert géophysicien pour affiner ses études de terrain

Engagée dans la valorisation du gisement calcaire de Sikoum, la Société nationale des mines (Sonamines) lance une nouvelle étape clé de ses travaux d’exploration. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du permis de recherche octroyé le 27 juin 2023 par le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, et vise à approfondir la connaissance du sous-sol dans cette zone du Littoral.Concrètement, l’entreprise publique dirigée par Serge Hervé Boyogueno a initié le recrutement d’un consultant spécialisé en géophysique, chargé de conduire une étude de précision sur deux blocs distincts de 100 hectares chacun. Selon les termes de référence publiés par la Sonamines, cette mission consistera à collecter et interpréter les données électriques, établir des cartes géologiques en deux et trois dimensions, concevoir des modèles lithologiques détaillés et proposer les points les plus prometteurs pour d’éventuels forages carottés. Ces analyses devraient fournir à la société une base scientifique solide pour orienter la future phase d’exploitation du site.Depuis l’obtention de son permis de recherche, la Sonamines a multiplié les travaux exploratoires sur le périmètre de Sikoum : carottages, creusement de fosses et étude géophysique sommaire menée en février 2023 sur une superficie de 40 hectares. Ces premières investigations ont permis de confirmer la présence de formations calcaires, mais les résultats demeuraient insuffisamment corrélés aux données existantes. D’où la décision de lancer une étude plus fine afin d’obtenir une imagerie géologique plus précise.À la suite d’une campagne de reconnaissance effectuée du 5 au 15 mars 2025, la Sonamines a délimité une zone d’intérêt de 6 km², au sein de laquelle deux blocs ont été sélectionnés pour cette nouvelle phase de prospection. Les travaux attendus permettront non seulement d’améliorer la compréhension de la structure du gisement, mais aussi d’évaluer la continuité et le volume potentiel des réserves calcaires, ouvrant la voie à une exploitation mieux planifiée et économiquement viable.