Industrie et Mines : Fuh Calistus promet 50 000 emplois en 2026 et rassure les députés

Devant les membres de la Commission des Finances, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Pr Fuh Calistus Gentry, a détaillé avec assurance, le 28 novembre dernier, les perspectives de son département pour 2026, annonçant jusqu’à 50 000 emplois nouveaux grâce à la montée en puissance des projets miniers et industriels. Une intervention maîtrisée, où le ministre, visiblement dans son élément, a cherché à convaincre que la transformation du secteur est bel et bien enclenchée. Bien que le budget du ministère ait légèrement reculé — passant de 13,154 milliards à 13,105 milliards de FCFA après le collectif budgétaire — Fuh Calistus a insisté sur la rigueur et l’efficacité de l’exécution. Les chiffres parlent : près de 66% d’investissements déjà réalisés et un fonctionnement exécuté à 99,85%. Une performance qui lui a permis d’aborder la suite avec confiance. Sûr de ses dossiers, le ministre a rappelé que cinq grands projets miniers sont déjà en exploitation, propulsant le Cameroun dans le cercle des pays où l’activité extractive n’est plus seulement potentielle, mais réelle. Fer, bauxite, or, marbre : les secteurs s’activent et structurent progressivement une nouvelle économie. Il a notamment cité : Le fer de Bipindi–Grand Zambi : 6 millions de tonnes/an, 5 000 emplois attendus. Sinosteel à Lobé : le plus important gisement de fer du pays, 46 milliards FCFA/an de recettes. La bauxite de Minim-Martap : 10 millions de tonnes/an et un vaste chantier d’infrastructures sociales. Le marbre de Bidzar : un levier pour résoudre la pénurie de ciment dans le Nord. L’or de Colomine : dont les revenus doivent être fortement réévalués après avenant. Tout au long de son exposé, Fuh Calistus a multiplié les chiffres, les estimations et les échéances, démontrant une maîtrise technique saluée par plusieurs députés. Le secteur aurifère demeure fragile, dominé par l’artisanat et exposé à l’informalité. Le ministre a reconnu une baisse des volumes officiellement collectés en 2025, mais a relativisé en soulignant la progression de la réserve nationale : de 37 kg il y a dix ans, à 1 368 kg aujourd’hui. Il mise sur l’entrée en production des mines industrielles de Mbarguéné et Bibemi pour inverser la tendance, en plus d’un dispositif de contrôle renforcé impliquant la SONAMINES, les Douanes et le Processus de Kimberley. D’un ton posé, mais assuré, le ministre a présenté l’année 2026 comme celle de la consolidation : avancée des projets de fer (Nkout, Ntem), montée en puissance des métaux stratégiques (nickel, cobalt, rutile, terres rares), relance de la filière aluminium avec ALUCAM et Minim-Martap, structuration accrue de l’exploitation semi-mécanisée de l’or, nouvelles zones industrielles à Édéa et Bertoua. L’accueil du CIMEC 2026, grand rendez-vous mondial du secteur minier, devrait par ailleurs propulser la visibilité du Cameroun. L’intervention du ministre a également mis en avant la montée en puissance de plusieurs filières : ciment, sidérurgie, carreaux en céramique, engrais, aluminium, technopole agro-industriel, avec des usines déjà opérationnelles ou en construction. Ces secteurs combinés participeront à la création des 50 000 emplois attendus l’an prochain, argument central du discours du ministre. Loin de se limiter à un exposé technique, Fuh Calistus a voulu rassurer : la restructuration du secteur minier et industriel suit une trajectoire claire, articulée autour de la transparence, de la transformation locale et du renforcement de l’emploi. « Le Cameroun produit désormais huit métaux et s’installe durablement comme acteur minier régional », a-t-il affirmé, sûr de lui. Pour les parlementaires, le message est clair : 2026 doit être l’année où les mines et l’industrie commencent réellement à transformer la vie des Camerounais.

À Yaoundé, les femmes élues locales affûtent leurs outils pour combattre les violences basées sur le genre

Durant deux jours, les femmes élues locales du Cameroun se sont réunies à Yaoundé pour un atelier de renforcement des capacités consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Portée par ONU Femmes, cette formation a permis d’outiller les participantes, de consolider un réseau d’action et d’élaborer un plan stratégique destiné à guider leurs interventions dans les communes. Un atelier pour comprendre, analyser et agir La représentante résidente d’ONU Femmes, Marie Pierre Racky Chaupin, a salué en clôturant les travaux la posture collective adoptée tout au long de la rencontre. Selon elle, la force de cet atelier réside dans sa capacité à réunir des femmes dirigeantes autour d’un même objectif : « venir ensemble, parler ensemble, s’engager ensemble et coordonner nos efforts pour créer un véritable impact ». Elle a souligné que les échanges ont permis d’approfondir la compréhension des formes visibles et invisibles de violences : violences structurelles, culturelles, normes patriarcales et VBG. Elle a appelé les élues à maintenir le cap : « Vous êtes et vous devez rester des ambassadrices du changement dans vos communes ». Rappelant que « une femme sur trois dans le monde subit des violences au cours de sa vie », elle a insisté sur l’urgence de s’attaquer aux causes profondes et de bâtir des solutions locales pertinentes. Elle a aussi salué la diversité des profils présents, notamment la contribution d’une écrivaine venue partager son expérience, et réaffirmé l’engagement d’ONU Femmes et des autres agences du système onusien à accompagner les municipalités dans la mise en œuvre du plan d’action adopté. Pour la présidente du Réseau des Femmes Élues Locales du Cameroun (REFELACAM), Marie Angèle Meyanga Noah, cet atelier a été bien plus qu’une simple formation. C’est une mobilisation autour d’un enjeu national. Elle a rappelé que les violences faites aux femmes ne peuvent être perçues comme un simple fait de société : elles constituent « un appel à l’action, à la solidarité et au changement ». Elle a salué la force du réseau consolidé au fil des échanges et encouragé les participantes à porter cette dynamique sur le terrain. Elle a adressé ses remerciements aux femmes maires, aux organisations de la société civile, aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’à la jeune femme ayant courageusement partagé son histoire. Elle a invité les élues à se tenir unies pour soutenir les survivantes et amplifier les voix des femmes dans les instances locales de décision. Cap sur la mise en œuvre d’un plan d’action ambitieux L’un des acquis majeurs de la rencontre est l’élaboration d’un plan d’action concret. Celui-ci servira de guide pour développer des initiatives de prévention, renforcer la communication autour des VBG, améliorer la médiation et accompagner les victimes dans les communes. Les modules sur le plaidoyer, la médiation et la résolution des conflits ont par ailleurs permis de renforcer le leadership des participantes, désormais mieux armées pour impulser des initiatives locales. Cet atelier ouvre une nouvelle phase pour les femmes élues locales, qui entendent désormais traduire ces connaissances en actions tangibles dans leurs territoires. Avec l’appui d’ONU Femmes et des agences des Nations Unies, et le leadership affirmé du REFELACAM, les participantes repartent engagées à faire reculer les violences faites aux femmes et aux filles et à renforcer la protection des populations féminines dans leurs communautés.

Le Cameroun se lève contre les violences numériques dirigées vers les femmes et les filles

Le Cameroun a lancé, ce 25 novembre à Yaoundé, la 19ᵉ édition de la campagne mondiale « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles ». Placée sous le thème : « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et filles », cette mobilisation vise à alerter sur les abus en ligne et à promouvoir des mesures efficaces de prévention, de protection et de prise en charge des survivantes. Organisée par le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), l’édition 2025 s’est tenue en partenariat avec plusieurs institutions nationales et internationales, notamment AFIRI, l’UNFPA, ONU Femmes et l’UNICEF, tous engagés dans la lutte contre les violences basées sur le genre. La campagne relie symboliquement la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre) à la Journée internationale des droits de l’homme (10 décembre), rappelant l’urgence de protéger les droits fondamentaux des femmes et des filles. Les statistiques mondiales montrent que 16 % à 58 % des femmes sont victimes de violence numérique, tandis que 85 % ont subi ou observé du harcèlement en ligne. Au Cameroun, la violence numérique prend diverses formes : harcèlement, intimidation, traque en ligne, usurpation d’identité, diffusion non consentie d’images ou de vidéos. Les femmes particulièrement visibles — journalistes, militantes, entrepreneures, politiciennes — sont davantage ciblées, mais aucune n’est épargnée. Lors de la cérémonie, la Ministre Marie Thérèse ABENA ONDOA a salué l’engagement de tous les partenaires et rappelé les dispositifs juridiques existants : la Loi sur la cybersécurité et la cybercriminalité (2010), la Loi relative à la protection des enfants en ligne (2023), ainsi que le projet de loi spécifique contre les violences faites aux femmes et aux filles. Elle a insisté sur la nécessité de sensibiliser, renforcer les sanctions, et sécuriser l’espace numérique, afin que chaque femme puisse s’exprimer librement, en ligne comme dans la société. La table ronde d’ouverture a réuni experts du numérique, forces de sécurité, représentants du secteur éducatif et acteurs privés. Orange Cameroun, Camtel et l’ANTIC ont présenté leurs dispositifs de prévention et de dénonciation des abus, tandis que des initiatives comme le Réseau des survivantes anonymes et des plateformes de signalement et d’accompagnement en ligne ont été mises en avant pour renforcer l’appui aux victimes. Cette campagne structurée s’appuie sur six axes majeurs : placer les survivantes au centre ; garantir la sécurité numérique ; promouvoir l’inclusion ; renforcer le leadership des femmes et des jeunes ; valoriser le rôle des organisations de défense des droits humains ; agir sur les causes profondes des violences. La MINPROFF réaffirme que nul ne doit craindre d’exister ou de prendre la parole dans l’espace numérique. Le Cameroun appelle ainsi le gouvernement, les organisations de la société civile, les communautés, les hommes et les garçons à s’engager pour faire du numérique un espace sûr, accessible et libérateur pour toutes. Plusieurs associations de défense des droits humains ont également pris part à la cérémonie, témoignant de la mobilisation collective pour mettre fin à toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles.

Journée mondiale du SIDA 2025 : À Yaoundé, entre espoirs et alertes, les jeunes tirent la sonnette d’alarme

La Journée mondiale de lutte contre le SIDA s’ést célébrée , ce 1er décembre, dans une atmosphère à la fois grave et dynamique, marquée par une mobilisation visible de tous les acteurs engagés dans la riposte. Au premier rang, les représentants du gouvernement, des organisations internationales et des structures communautaires. Ils ont suivi avec attention les différentes prises de parole. Mais ce furent les jeunes qui attirèrent l’essentiel des regards, venus porter une voix devenue incontournable dans la lutte contre le VIH. “Nous avançons mais nous avançons blessés” : les jeunes posaient le diagnostic Lorsque la Vice-Présidente du RECAJ+ s’ést avancée au pupitre, un silence s’est installé. Elle a livré un constat lucide, sans complaisance. « Oui, des progrès ont été réalisés. Oui, la prise en charge s’est améliorée. Mais nous avançons avec des obstacles qui continuent de nous blesser », avait-elle lancé d’une voix posée mais déterminée. Autour d’elle, plusieurs adolescents vivant avec le VIH acquiesçaient. En marge de la cérémonie, certains racontaient les longues heures d’attente pour obtenir une charge virale, les retours répétés faute de matériel ou les protocoles qui changeaient trop souvent. La Vice-PCA a résumé ces difficultés dans un plaidoyer direct : – une intégration réelle des jeunes dans les décisions ; – un engagement massif de l’État ; – un renforcement urgent des organisations communautaires, “premier refuge et souvent dernier recours”. ONUSIDA : entre optimisme prudent et avertissement sévère Quelques minutes plus tard, le Représentant pays de l’ONUSIDA, Taoufik Bakkali, a pris la parole. Son intervention a mêlé réalisme et espoir. « Le Cameroun est en bonne voie pour atteindre les objectifs 95-95-95. La dynamique est solide, les efforts visibles », a t-il affirmé. Mais son ton s’ést vite fait plus grave. Il a évoqué la hausse des nouvelles infections chez les jeunes et les femmes — 3 220 cas enregistrés en 2024, selon l’OMS — et la crise internationale du financement, véritable coup de massue pour les pays africains. « Certains États ont perdu jusqu’à 90 % de leur financement VIH. Au Cameroun, plusieurs organisations communautaires ont tout simplement collapsé », a-il déploré. Sur les visages des activistes présents, l’inquiétude était palpable. Beaucoup savent combien le maintien des activités de prévention, de dépistage ou d’accompagnement psychosocial est devenu difficile. Dans les coulisses : tests rapides, files d’attente et espoirs tenaces À quelques mètres de la tribune, l’effervescence ne faiblissait pas. Des dizaines de jeunes et de moins jeunes faisaient la queue pour se faire dépister. D’autres discutaient avec des agents de santé, récupéraient des préservatifs ou s’informaient sur les traitements. Les équipes médicales notaient une mobilisation plus forte qu’en 2024, notamment grâce aux campagnes ciblées comme Vacances sans SIDA, qui avaient atteint plus de 4,8 millions de jeunes ces dernières années. Mais elles reconnaissaient aussi les limites : retards dans la remise des résultats, stocks irréguliers de tests, manque de personnel. Un message commun : consolider les acquis avant qu’il ne soit trop tard Toutes les interventions convergeaient celles du RECAJ+ et de l’ONUSIDA,de l’Oms, du ministère de.la santé convergeaient sur un point essentiel : la riposte camerounaise pouvait réussir, mais seulement si elle s’adaptait à un contexte totalement bouleversé. Taoufik Bakkali proposait une feuille de route claire : – assurer la durabilité financière de la riposte ; – renforcer l’intégration des programmes de santé ; – maintenir l’accès continu aux traitements ; – éviter un retour de l’épidémie malgré la baisse des financements. De son côté, le RECAJ+ appelait à une exigence simple mais fondamentale : écouter les jeunes, les intégrer, en faire des acteurs à part entière de la lutte. Lorsque les tentes s’étaient repliées et que les stands s’étaient vidés, une impression générale subsistait : le Cameroun avance, mais sur une ligne de crête. Entre progrès indéniables et fragilités structurelles, la riposte devait désormais se réinventer pour tenir la promesse de 2030 : un pays où le VIH ne serait plus une menace de santé publique. Et ce jour-là, ce furent les jeunes — par leur voix directe, leur présence et leur détermination — qui avaient rappelé que cette promesse ne pourrait être tenue sans eux.

16 jours d’activisme : ONU Femmes Cameroun renforce les capacités des journalistes contre les violences faites aux femmes

16 jours d’activisme : ONU Femmes Cameroun renforce les capacités des journalistes contre les violences faites aux femmes Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, ONU Femmes Cameroun a organisé, le 26 novembre 2025, une séance de formation à l’intention des professionnels des médias. L’initiative s’est tenue dans les locaux de l’institution onusienne et visait à outiller les journalistes, reconnus comme de véritables bâtisseurs de conscience et architectes du changement social. La rencontre a été ouverte par Gabriel Tchokomakwa, représentant la Représentante résidente de ONU Femmes Cameroun, après l’allocution de Prince Mpondo, Coordonnateur général du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN). Les travaux ont mis en lumière la persistance des violences basées sur le genre, un fléau social qui continue de freiner le développement de la société, malgré les nombreuses actions entreprises au fil des années. Les participants ont également été sensibilisés aux nouvelles formes de violences, notamment numériques et cybernétiques, amplifiées par les avancées technologiques. Pour Prince Mpondo, les médias ont une responsabilité majeure dans la lutte contre ces violences : « Les productions médiatiques percutantes ont déjà permis d’influencer l’agenda politique national et de briser le silence autour de certaines réalités sociales. Il est donc essentiel que les journalistes jouent pleinement et convenablement leur rôle. » Afin de permettre aux participants de mieux appréhender les contours de la problématique, Joséphine Medjom, chargée du programme de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles à ONU Femmes Cameroun, a axé sa présentation sur la compréhension du concept de genre, préalable indispensable à un traitement médiatique responsable et efficace de ces questions. Ahmadou Djaili Amal, nouvelle Ambassadrice de ONU Femmes Cameroun Moment fort de cette journée de formation : l’annonce de la nomination de l’écrivaine Ahmadou Djaili Amal comme Ambassadrice de ONU Femmes Cameroun. Ancienne victime de violences basées sur le genre et présidente-fondatrice de l’association Femmes du Sahel, la romancière incarne une voix engagée et crédible dans la défense des droits des femmes et des filles. Cette désignation vise à renforcer l’impact des actions de ONU Femmes Cameroun, en s’appuyant sur des personnalités influentes capables de sensibiliser l’opinion publique et de porter le plaidoyer au plus haut niveau. Organisée dans le cadre de l’activité baptisée « Les rendez-vous du REMAPSEN », cette séance de formation marque une étape importante dans la mobilisation des médias camerounais contre les violences faites aux femmes, en les plaçant au cœur de la stratégie de prévention, de sensibilisation et de changement des mentalités.

Inspiration et Innovation : Bome François, un modèle de réussite nationale qui inspire les polytechniciens

L’École Nationale Polytechnique de Yaoundé a accueilli une conférence haute en couleurs qui restera longtemps dans les mémoires. François Ekouma Ananga, PDG de François Santé et créateur du fameux Bome François, y a partagé son parcours entrepreneurial devant un auditoire enthousiaste. L’atmosphère était particulièrement vibrante : les étudiants, visiblement heureux de recevoir celui qu’ils considèrent comme un modèle, reprenaient par moments la célèbre chanson dédiée au Bome François, donnant à la rencontre une dimension presque festive. Au cœur de cette ambiance chaleureuse, François Ekouma Ananga a retracé son histoire, depuis ses débuts modestes avec un capital initial de seulement 40 000 FCFA jusqu’à la construction d’une entreprise aujourd’hui forte d’un capital de 300 millions de FCFA. Il a expliqué étape par étape comment il a bâti son empire, présentant le parcours du Bome François comme une véritable « inspiration divine ». Cette narration authentique a captivé les élèves et les nombreux curieux présents. Des conseils pratiques ancrés dans l’expérience Au-delà de son histoire personnelle, le conférencier a mis en lumière les éléments essentiels pour réussir en affaires : des choix stratégiques bien réfléchis, une capacité permanente d’adaptation, la résilience face aux obstacles, la gestion efficace des ressources, l’importance du travail collectif, et la réalisation d’études de marché approfondies. Il a encouragé les futurs ingénieurs à structurer leurs idées, tester des prototypes et croire fermement en leurs projets. La foi — au sens spirituel mais aussi comme conviction intérieure — est revenue à plusieurs reprises dans son discours, François insistant sur la nécessité de préserver sa vision malgré le découragement ou les critiques de l’entourage. La sénatrice Françoise Puene : travail, foi et discipline Aux côtés du PDG se trouvait la sénatrice et entrepreneure Françoise Puene, également conférencière de la journée. Elle a partagé son propre chemin de réussite en soulignant des valeurs qui, selon elle, constituent la base de toute construction solide : le travail bien fait, une foi organisée, la rigueur personnelle, et une gestion intelligente du temps. Ses propos ont suscité l’admiration du public. Là encore, les étudiants manifestaient leur enthousiasme par des applaudissements nourris et de fréquentes reprises du refrain du Bome François. Locko et le leadership créatif L’artiste Locko, invité en tant que figure inspirante, a abordé quant à lui les notions de leadership et de persévérance dans les industries créatives. Son intervention a renforcé le message général : sortir de sa zone de confort et oser se lancer sont des conditions indispensables pour bâtir une carrière durable. Une école mobilisée pour l’entrepreneuriat Le directeur de l’École Nationale Polytechnique, le Pr Raoul Ayissi, a profité de l’occasion pour rappeler le rôle déterminant que jouent les jeunes ingénieurs dans le développement économique du Cameroun. Il a souligné l’importance des synergies entre établissements de formation, entrepreneurs et décideurs publics pour créer un écosystème entrepreneurial dynamique, inclusif et porteur d’espoir. À la fin de la conférence, les étudiants sont repartis inspirés, gonflés d’énergie et déterminés à transformer leurs idées en projets concrets. La joie qui se lisait sur les visages, les chants spontanés et l’interaction constante avec les conférenciers témoignaient d’un réel engouement. Cette journée a permis aux jeunes ingénieurs d’accéder à des expériences authentiques, à des conseils pratiques et à une vision réaliste de l’entrepreneuriat camerounais. En partageant son histoire, sa foi et son audace, François Ekouma Ananga a offert à une nouvelle génération les outils nécessaires pour rêver plus grand et se projeter avec confiance dans l’avenir.

Yaoundé : AGESPRO et Preserved Women scellent une alliance pour renforcer la protection des femmes vulnérables

Le 12 novembre dernier, l’auditorium de la Solomon Tandeng Muna Foundation à Yaoundé a servi de cadre à une rencontre empreinte d’émotion et d’engagement social. Deux organisations particulièrement actives dans l’accompagnement des personnes en détresse, Agespro (Un Geste pour Mon Prochain) et Preserved Women, y ont officialisé leur partenariat stratégique. Placée sous le haut parrainage de Son Excellence Albert Roger Milla, Ambassadeur itinérant du Cameroun, cette cérémonie a mis en lumière une volonté commune : redonner dignité, espoir et perspectives aux femmes les plus exposées. L’événement a rassemblé un public varié : administrations publiques, institutions nationales, organisations de la société civile et médias. Tous sont venus témoigner de l’importance d’unir les efforts pour renforcer l’action sociale dans le pays. Trois temps forts ont structuré ce rendez-vous : La présentation des deux associations et de leurs domaines d’action ; Une levée de fonds destinée à soutenir leurs programmes, notamment la création d’un centre d’accueil, la mise en place de formations, la distribution de kits humanitaires et l’encadrement social ; La signature d’un accord de partenariat, destinée à structurer une collaboration durable, plus ambitieuse et mieux outillée. Quand les parcours individuels révèlent l’urgence sociale L’un des moments les plus poignants de la journée fut le témoignage de Stéphanie, 25 ans, venue partager les épreuves qui ont bouleversé sa vie avant sa rencontre avec Agespro et Preserved Women. Vêtue de blanc, son jeune enfant à ses côtés, elle a décrit avec une grande sincérité la période d’isolement, de perte de repères et de souffrance psychologique qu’elle a traversée. « J’avais tout perdu… Je n’arrivais même plus à me regarder dans un miroir. » Son récit, qui a plongé la salle dans un silence profond, rappelle que derrière les statistiques se cachent des femmes aux trajectoires brisées, mais aussi la nécessité d’un accompagnement structuré et accessible. Pour Donatien Ulrich Samuel Ngwem, président de Preserved Women, l’engagement renouvelé prend une dimension nouvelle : « Nous voulons redire aux femmes que leur douleur n’est pas invisible. Ce partenariat nous aidera à offrir un soutien plus large et plus solide. » Preserved Women a déjà suivi plus de 250 femmes, preuve de l’impact réel de son travail sur le terrain. Une collaboration qui vise une portée nationale Côté Agespro, sa présidente Régine Ndjiki Botol voit dans cette alliance une opportunité d’agir sur un spectre plus large et auprès de publics variés : « En combinant nos compétences, nous atteindrons davantage d’enfants déplacés, d’orphelins, d’enfants de la rue ou abandonnés. Individuellement, nos moyens sont limités ; ensemble, nous pouvons multiplier les résultats. » La mutualisation des ressources et des expertises répond à un besoin réel : renforcer une réponse coordonnée face aux situations de vulnérabilité qui touchent de nombreuses familles camerounaises. La Fondation Cœur d’Afrique ainsi que des représentants du ministère des Affaires sociales et du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille ont salué cette dynamique, la considérant comme une initiative exemplaire d’entraide et de solidarité. Au-delà de la signature, cette alliance affirme une vision commune : protéger les droits humains, offrir un cadre d’écoute, d’assistance et de reconstruction aux femmes en détresse, et proposer des solutions durables à des problématiques souvent invisibles dans la société. Alors que les invités quittaient la salle, les mots de Stéphanie sonnaient comme une victoire partagée : « Aujourd’hui, j’ai retrouvé de l’espoir. » Un message qui reflète l’objectif ultime de cette nouvelle coopération : transformer des vies, une femme à la fois.

96ᵉ Conseil Stratégique de l’AAEA : Yaoundé clôture les travaux du secteur africain de l’eau

Les travaux du 96ᵉ Conseil Stratégique de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) se sont achevés ce 19 novembre 2025 à Yaoundé, après trois jours d’échanges intenses consacrés à l’avenir de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sur le continent. Ouverte le 17 novembre, la rencontre a été lancée sous la présidence du Ministre de l’Eau et de l’Énergie du Cameroun, qui a souligné l’urgence de renforcer les performances du secteur dans un contexte de croissance démographique et de pression croissante sur les ressources. Cette session stratégique intervient dans la continuité des actions menées par l’AAEA pour améliorer la gouvernance, la formation et l’innovation dans le secteur de l’eau. L’association, qui regroupe plus de 150 organismes, accompagne les États africains dans leur quête d’un accès équitable et durable aux services essentiels. L’AAEA : une plateforme continentale pour structurer les services de l’eau La mission première de l’AAEA reste de garantir que chaque Africain puisse bénéficier d’un service fiable d’eau potable et d’infrastructures d’assainissement. Ses priorités s’articulent autour de plusieurs axes majeurs : Renforcement des capacités professionnelles : des formations ciblées pour améliorer les performances des opérateurs, distributeurs et régulateurs. Diffusion des connaissances : partage d’expériences et de solutions via des rencontres techniques, plateformes d’échange et congrès. Plaidoyer institutionnel : influence sur les politiques publiques afin d’établir des cadres réglementaires favorables. Organisation de congrès et forums : espaces de dialogue réunissant experts, décideurs et opérateurs. Promotion de l’innovation : soutien aux initiatives scientifiques et technologiques pour moderniser les services de l’eau. Le rôle central de la CAMWATER et du Dr Blaise Moussa Membre actif de l’AAEA, la CAMWATER occupe désormais une place stratégique grâce à son Directeur Général, Dr Blaise Moussa, élu Président du Conseil Scientifique et Technique de l’AAEA, en plus de sa fonction de Président de l’Association pour la mandature en cours. Cette double responsabilité confère au Cameroun une influence renforcée dans l’orientation des politiques et programmes de l’organisation. Depuis son accession à la présidence, Dr Moussa s’est fixé plusieurs priorités : Accompagner les opérateurs africains avec un appui technique et stratégique adapté à leurs réalités. Promouvoir une gestion durable des ressources hydriques, fondée sur l’efficacité opérationnelle et la préservation environnementale. Renforcer les alliances institutionnelles avec des partenaires internationaux, bailleurs, ONG et gouvernements. Stimuler l’innovation locale, en encourageant des solutions technologiques adaptées aux spécificités des pays africains. Des projets structurants et un leadership technique renforcé La CAMWATER poursuit son engagement dans la formation continue de ses équipes, tout en partageant son expertise avec les autres membres de l’AAEA. Plusieurs projets pilotes menés récemment ont permis de tester des approches innovantes en matière de distribution, de digitalisation des réseaux ou de maintenance des infrastructures. L’entreprise est également fortement impliquée dans la préparation du Congrès International et Exposition de l’AAEA, prévu à Yaoundé en février 2026, qui réunira des experts de haut niveau autour des solutions concrètes pour améliorer les services hydriques en Afrique. La clôture du 96ᵉ Conseil Stratégique à Yaoundé marque une étape importante dans la consolidation des actions continentales en faveur de l’eau et de l’assainissement. Les participants ont pu évaluer les progrès accomplis, identifier les défis persistants et établir une feuille de route actualisée pour les prochaines années. Avec l’impulsion du Dr Blaise Moussa et le rôle structurant de la CAMWATER, le Cameroun confirme sa position de moteur régional dans un secteur vital pour la santé publique, le développement économique et le bien-être des populations.

Cameroun – Élections régionales 2025 : ELECAM intensifie la formation de ses cadres pour garantir un scrutin exemplaire

À moins de trois semaines du scrutin régional fixé au 30 novembre 2025, Elections Cameroon (ELECAM) met les bouchées doubles pour assurer la fiabilité du processus électoral. L’institution renforce la préparation de ses responsables afin de livrer un scrutin transparent, crédible et conforme aux standards démocratiques. Depuis le 12 novembre, une cinquantaine d’agents d’ELECAM prennent part à Yaoundé à un atelier national de formation des formateurs. Cette session a pour but d’outiller les encadreurs régionaux et délégués en vue d’une meilleure gestion des opérations de vote et de supervision à travers le territoire. Les travaux s’articulent autour de deux modules clés : la conduite des Commissions Locales de Vote (CLV) et la supervision par les Commissions Régionales de Supervision (CRS). Les participants revisitent les différentes étapes du processus électoral — de la composition des commissions au remplissage des procès-verbaux — tout en se familiarisant avec les outils numériques de centralisation des résultats. Des experts externes y interviennent également pour consolider la fiabilité du dispositif. Selon Raymond MBEBI, président de la Commission de formation d’ELECAM, cet atelier marque le début d’un vaste programme de renforcement des capacités. Après cette première phase nationale, des sessions régionales et départementales suivront, à l’intention de tous les acteurs du processus : délégués, présidents de commissions, représentants des partis politiques, présidents de bureaux de vote et membres des CLV. Pour Abdoul KARIMOU, Directeur Général Adjoint des Élections, la complexité du scrutin exige une préparation sans faille : « Nous aurons deux modes de scrutin, deux collèges électoraux et deux urnes distinctes. Chaque niveau de supervision doit donc être irréprochable », insiste-t-il. Conformément à l’article 243 du Code électoral, les conseillers régionaux seront élus par deux collèges distincts : les conseillers municipaux et les chefs traditionnels. Entre rigueur technique et engagement démocratique, ELECAM entend faire de ces élections régionales une référence en matière de transparence et de bonne gouvernance électorale.

Yaoundé en fête (YA-FE) : la capitale se prépare à vibrer pour sa 20ᵉ édition

L’événement “Yaoundé en fête”, plus connu sous le nom de YA-FE, s’apprête à célébrer sa 20ᵉ édition. Comme chaque fin d’année, la capitale se transforme en espace d’animations culturelles, d’expositions commerciales, de stands artisanaux et de spectacles musicaux. YA-FE est devenu un rendez-vous traditionnel, autant familial qu’économique, où les artistes, les créateurs, les entreprises locales et le grand public se croisent dans une ambiance festive. À l’approche des fêtes, la ville se prépare à accueillir des milliers de visiteurs, ce qui confirme l’importance de ce festival dans le paysage culturel urbain. L’évènement illustre parfaitement la manière dont la culture peut être un moteur économique dans les grandes métropoles camerounaises.