Jeunesse, culture et numérique : la vraie promesse pour l’Afrique de demain

La force du Cameroun et de l’Afrique n’est plus seulement dans les matières premières. Elle est dans les cerveaux. Dans la créativité de sa jeunesse, son énergie, sa culture, ses technologies. La musique, le cinéma, le design, les contenus digitaux, le e-commerce, les services numériques… voilà les nouveaux moteurs de croissance. La jeunesse n’attend plus l’État pour entreprendre. Elle crée ses propres opportunités : sur TikTok, sur YouTube, dans la tech, dans le freelance, dans le commerce digital. C’est un mouvement profond. Une nouvelle économie culturelle et numérique est en train de naître. Pour transformer cette dynamique en puissance économique réelle, il faut un écosystème : financement, formation, incubateurs, accès aux marchés, cadre légal simplifié. La culture africaine n’est pas seulement “un patrimoine” : c’est une industrie. Et le numérique n’est pas un gadget : c’est un levier. La plus grande richesse du continent — ce n’est pas le sol. C’est la jeunesse.

Le Cameroun à la croisée des chemins : entre héritage autoritaire et aspirations démocratiques

Le Cameroun est à un moment charnière de son histoire politique. Après des décennies de stabilité institutionnelle – souvent décrite comme une stabilité “forcée” – la société camerounaise exprime avec plus de clarté ses attentes sur la transparence, l’alternance et le jeu démocratique. Les élections récentes ont mis en évidence un fossé entre une classe politique installée dans la continuité du système ancien, et une jeunesse qui aspire à un nouveau modèle politique, plus ouvert, plus participatif, plus responsable. Cette tension n’est pas seulement un débat entre opposants et partisans. Elle se retrouve dans la rue, dans les réseaux sociaux, dans les universités, dans l’administration elle-même. Une génération connectée – qui observe ce qui se passe ailleurs en Afrique – sait que le monde change et attend désormais que le pays change avec lui. Le Cameroun a devant lui une sortie possible : transformer ce moment de crise en opportunité de refondation. Les choix politiques de demain détermineront si le pays reste un système verrouillé… ou devient enfin une démocratie assumée, moderne, et centrée sur son peuple.

Le 8ᵉ Forum Galien Afrique s’est achevé à Dakar sur un appel fort à la souveraineté sanitaire du continent

Après quatre jours d’échanges intenses, le rideau est tombé sur la 8ᵉ édition du Forum Galien Afrique, tenue à Dakar du 28 au 31 octobre 2025. Consacré au thème « Souveraineté sanitaire : un impératif pour l’Afrique », l’événement a réuni dirigeants, scientifiques, investisseurs, entrepreneurs et jeunes innovateurs venus de tout le continent pour réfléchir à l’avenir de la santé africaine. Un plaidoyer pour l’autonomie sanitaire africaine La cérémonie d’ouverture, présidée par Dr. Ibrahima Sy, ministre sénégalais de la Santé et de l’Hygiène publique, représentant le Premier ministre Ousmane Sonko, avait donné le ton. Le ministre avait souligné que la souveraineté sanitaire constituait désormais « une nécessité vitale pour l’Afrique » et non un simple mot d’ordre. Évoquant les leçons de la pandémie de COVID-19, il avait insisté sur la dépendance du continent à l’égard des importations de vaccins et de médicaments, tout en rappelant les efforts engagés par le Sénégal dans le cadre de sa vision 2050 : digitalisation du système de santé, développement de la production locale et promotion de la recherche médicale. Il avait conclu en appelant à une coopération régionale renforcée et à une mobilisation collective pour atteindre une véritable autonomie sanitaire. Un espace d’innovation et d’action Pour Pr. Awa Marie Coll Seck, présidente du Forum Galien Afrique, cette édition s’est voulue plus qu’un rendez-vous scientifique : une plateforme de transformation. Elle avait souligné la nécessité d’encourager la créativité africaine et de renforcer les partenariats public-privé afin de faire émerger une industrie de la santé solide et durable. Elle avait également salué le rôle croissant des jeunes chercheurs et des femmes leaders, dont la contribution à la gouvernance sanitaire du continent est jugée essentielle. Le Prix Galien Afrique, remis en clôture, a d’ailleurs honoré les innovateurs les plus remarquables dans le domaine des médicaments, vaccins et dispositifs médicaux. Quatre jours pour repenser la santé africaine Selon Dr. Magda Robalo, présidente du Comité scientifique international du Forum, les quatre journées ont permis de passer « du potentiel aux actions concrètes ». Le 28 octobre avait été consacré à la cérémonie d’ouverture et au Forum des Jeunes, moment d’échange entre mentors et innovateurs. Le 29 avait mis en avant l’innovation au service de la souveraineté sanitaire, tandis que le 30 octobre célébrait le leadership féminin à travers des panels sur la recherche, la gouvernance et l’équité. Enfin, le 31 octobre, la remise du Prix Galien Afrique 2025, présidée par le Chef de l’État sénégalais, était venue clore le forum dans un esprit de fierté et d’engagement collectif. Présent lors des travaux, Dr. Abdourahamane Diallo, représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), avait renouvelé le soutien de l’agence onusienne à la démarche africaine. Il avait rappelé que « la souveraineté sanitaire n’était pas une option, mais une exigence pour l’avenir du continent ». Il avait identifié quatre leviers fondamentaux : le financement autonome, la production locale, la résilience des systèmes de santé, et la solidarité . En se clôturant le 31 octobre, le Forum Galien Afrique 2025 a laissé une empreinte forte : celle d’un continent décidé à prendre en main son destin sanitaire. Les participants sont repartis convaincus que l’Afrique dispose des ressources humaines, scientifiques et techniques nécessaires pour bâtir un système de santé plus autonome, équitable et durable. Cette 8ᵉ édition restera comme un moment charnière dans la marche vers une Afrique capable de produire, innover et soigner pour elle-même, en conjuguant résilience, savoir-faire et solidarité.

Octobre Rose : des journalistes à l’écoute de la santé féminine

Ils étaient une vingtaine, carnet et micro en main, à suivre avec une attention soutenue les échanges du café-médias organisé le 29 octobre dernier à Yaoundé. Dans la salle de conférence du Centre hospitalier African Genesic Health, le silence n’était rompu que par les questions pointues des participants, désireux de mieux comprendre les enjeux des cancers féminins. Cette rencontre venait clore le mois d’Octobre Rose, temps fort mondial consacré à la sensibilisation et à la prévention. Un dialogue entre médias et médecins À l’initiative du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (Remapsen), ce café-médias a transformé un simple moment de formation en véritable espace de dialogue entre professionnels de santé et acteurs de la presse.Le Dr Patrice Teufack, gynécologue-obstétricien, y a partagé son expérience et rappelé une vérité souvent négligée : « Le dépistage précoce reste l’arme la plus sûre contre les cancers du sein et du col de l’utérus. Ces deux maladies, bien que redoutables, peuvent être détectées tôt et traitées efficacement. » Son message a trouvé un écho particulier auprès des journalistes présents, conscients de leur rôle dans la transmission des messages de santé publique au plus grand nombre. Les discussions se sont appuyées sur des statistiques alarmantes : le cancer du sein représente aujourd’hui 36 % des cancers gynécologiques, et le cancer du col de l’utérus, 21 %.Ces chiffres ne sont pas qu’un rappel scientifique ; ils traduisent une réalité que vivent des milliers de femmes au Cameroun et en Afrique. D’où la nécessité, selon les experts, de renforcer la communication, de démystifier le dépistage et de rendre les soins plus accessibles. Prévenir avant tout : le message de fond Le Dr Teufack a insisté sur une triple stratégie : prévention, vaccination et dépistage.Il a rappelé que la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), administrée aux jeunes filles de 11 à 14 ans, constitue une première barrière contre le cancer du col de l’utérus.Mais la vigilance doit se poursuivre à l’âge adulte : « Il faut identifier les lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent. C’est à ce stade que la guérison complète est encore possible », a-t-il expliqué. Trois gestes simples, une chance de plus Les échanges ont également permis de rappeler les moyens concrets de dépister le cancer du sein : L’auto-examen mensuel des seins, un geste à pratiquer soi-même devant le miroir ; L’examen clinique annuel chez un professionnel de santé ; La mammographie tous les deux ans à partir de 45 ans, voire plus tôt pour les femmes à risque. Les participantes ont salué ces rappels pratiques, soulignant qu’un simple réflexe peut parfois sauver une vie. Ce café-médias n’était pas seulement une activité de clôture ; il s’est voulu un laboratoire d’engagement. Les journalistes du Remapsen, forts des connaissances acquises, ont exprimé leur volonté d’intensifier la sensibilisation communautaire, notamment dans les zones où les campagnes d’information atteignent difficilement les femmes.L’ambiance studieuse du début a laissé place, en fin de séance, à une note d’émotion et de responsabilité partagée : celle de raconter autrement, avec humanité, les défis de la santé féminine. En refermant le chapitre d’Octobre Rose 2025, le Centre African Genesic Health et le Remapsen ont surtout ouvert une nouvelle page : celle d’une collaboration durable entre médias et médecins pour parler du cancer sans peur ni fatalité.Parce qu’au-delà des statistiques, chaque message relayé, chaque femme sensibilisée et chaque dépistage accompli sont déjà une victoire silencieuse contre la maladie.

Le REMAPSEN consacré à Dakar : une reconnaissance du journalisme africain au service de la santé et du développement durable

Les projecteurs étaient braqués sur le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), le 28 octobre dernier, lors de la 6ᵉ édition du Speak Up Africa Leadership Award. À cette occasion, le réseau a été honoré pour son rôle majeur dans la défense d’une information fiable, responsable et porteuse d’impact social sur le continent.Son président, Youssouf Bamba, a reçu le prestigieux Prix du Leadership Speak Up Africa, symbole d’un engagement collectif et d’une vision partagée : faire du journalisme un levier de changement durable. « Cette reconnaissance est le fruit d’un travail collectif et du dévouement de centaines de journalistes africains qui œuvrent chaque jour à éclairer nos populations », a confié M. Bamba, visiblement ému, lors de la cérémonie. Un réseau panafricain au service de la vérité Fort de plus de 817 médias répartis dans 43 pays, le REMAPSEN s’est imposé ces dernières années comme un acteur incontournable dans la lutte contre la désinformation, notamment durant la crise du Covid-19.Au-delà de la simple diffusion d’informations, le réseau s’attache à renforcer les capacités des journalistes, à forger des partenariats stratégiques et à promouvoir une communication accessible, ancrée dans les réalités africaines.Pour Youssouf Bamba, le défi n’est plus seulement de couvrir l’actualité, mais de participer activement à la transformation du continent : « Le REMAPSEN veut dépasser la logique de couverture médiatique pour devenir un acteur du développement durable, centré sur des causes essentielles : la santé, l’environnement et les droits humains. » Des figures africaines engagées également récompensées La cérémonie n’a pas seulement salué le REMAPSEN. Trois autres personnalités ont également été distinguées pour leur engagement en faveur de la santé publique : Dr Ibrahima Sy, ministre sénégalais de la Santé et de l’Hygiène publique, a été honoré pour son leadership dans la lutte contre les maladies tropicales négligées et son approche intégrée santé-environnement. Yvette Alavo, directrice exécutive d’Icone 360° au Bénin et présidente de la Coalition Zéro Palu, a été célébrée pour son inlassable combat contre le paludisme depuis plus d’une décennie. Dr Raymonde Goudou Coffie, ancienne ministre ivoirienne de la Santé, a reçu une distinction pour son action en faveur de la vaccination, de la lutte antitabac et de la prise en charge des cancers. Sous les ors d’une salle pleine à craquer à Dakar, la cérémonie a réuni plusieurs figures éminentes du monde de la santé et du développement, dont la professeure Awa Marie Coll Seck, présidente de Galien Afrique, Dr Michel Sidibé, ancien directeur exécutif de l’ONUSIDA, et Dr Magda Robalo, experte internationale en santé mondiale.Pour Yacine Djibo, directrice exécutive de Speak Up Africa, ces distinctions incarnent la force du collectif : « Ensemble, nous bâtissons une Afrique plus forte, plus résiliente et plus équitable. Ces lauréats montrent que le changement est déjà en marche. » Basée à Dakar, Speak Up Africa s’impose depuis plusieurs années comme un acteur clé du développement durable en Afrique. L’organisation œuvre pour l’accès à la santé, la bonne gouvernance et l’inclusion, tout en mettant en avant le rôle déterminant des femmes et des jeunes dans la transformation sociale du continent.

Mfoundi : le préfet recadre les moto-taximen autour du civisme et de l’ordre urbain

Dans la salle feutrée de la Préfecture du Mfoundi, les voix se sont tues, le 24 octobre dernier, lorsque le préfet, Sany Dikdent Emmanuel Mariel, a pris la parole. Face à lui, les présidents des syndicats et associations de conducteurs de moto-taxis, venus répondre à une convocation jugée « urgente et nécessaire ». L’enjeu : remettre un peu d’ordre dans un secteur vital, mais souvent décrié.Depuis quelques mois, les autorités locales observent une recrudescence de comportements jugés inciviques dans le transport urbain par motocycle : circulation désordonnée, non-respect des feux, attroupements intempestifs, et parfois même implication dans des incidents de sécurité. Le préfet a donc choisi la voie du dialogue pour rappeler à l’ordre sans exclure. « Le moto-taximan fait partie du paysage économique de la ville. Mais il doit aussi être un acteur du civisme », a-t-il martelé . Loin d’un discours répressif, la rencontre de ce vendredi a plutôt pris des allures d’appel à la responsabilité partagée. Le préfet a insisté sur la nécessité de repenser les comportements au quotidien et d’impliquer les syndicats dans la sensibilisation de leurs membres.Les échanges, francs et directs, ont permis aux représentants des conducteurs d’exprimer leurs doléances : tracasseries administratives, contrôles jugés abusifs, ou encore absence de dialogue avec certains services déconcentrés.À chaque point soulevé, l’autorité préfectorale a prôné la concertation. « Aucun secteur ne peut fonctionner durablement sans organisation, et l’organisation commence par le respect des règles », a rappelé Sany Dikdent Emmanuel Mariel. Des pistes pour un transport apaisé Parmi les propositions sorties de la salle de conférence : la mise en place de comités locaux de coordination, la formation des conducteurs sur la sécurité routière et le civisme, et la désignation de relais communautaires pour faciliter la communication entre moto-taximen et forces de l’ordre.Ces résolutions, selon plusieurs participants, pourraient permettre de réduire les malentendus fréquents entre transporteurs et autorités, tout en améliorant la perception du métier. Pour l’administration départementale, il ne s’agit pas de stigmatiser une profession qui assure chaque jour la mobilité de milliers de Yaoundéens, mais de redonner un sens au mot responsabilité. Dans un contexte urbain où les motos rivalisent avec les taxis et les voitures sur des axes souvent saturés, le respect du code de la route devient une exigence citoyenne. « Nous voulons des conducteurs qui soient des partenaires de la ville, pas des facteurs de désordre », a résumé un cadre préfectoral à la sortie de la séance. En initiant cette rencontre, le préfet du Mfoundi confirme la volonté de l’État de privilégier la pédagogie avant la sanction. Le dialogue amorcé se poursuivra, selon nos informations, à travers des réunions sectorielles dans les arrondissements. Objectif : responsabiliser sans marginaliser, réguler sans étouffer.Le rendez-vous du 24 octobre 2025 restera comme un signal fort : celui d’une administration décidée à travailler main dans la main avec les acteurs du transport urbain, pour faire de la moto-taxi un symbole d’utilité encadrée plutôt qu’un synonyme de désordre.

Présidentielle 2025 : Issa Tchiroma accusé de violation du Code électoral et d’incitation à la révolte

Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a affirmé que le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), Issa Tchiroma Bakary, s’est rendu coupable de violations répétées du Code électoral et d’actes de provocation à l’ordre public à la suite de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.S’exprimant après la proclamation officielle des résultats le 27 octobre 2025 par le Conseil constitutionnel, le membre du gouvernement a rappelé que le président Paul Biya, candidat du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), a été déclaré vainqueur du scrutin avec 53,66 % des suffrages valablement exprimés.Selon le ministre, M. Tchiroma aurait délibérément violé la loi électorale en s’autoproclamant président élu dès le 14 octobre, alors même que le processus de compilation et de validation des résultats n’était pas achevé. Il aurait, dans la foulée, multiplié les appels à l’insurrection sur les réseaux sociaux, invitant ses partisans à descendre dans la rue pour « défendre sa victoire ». Vagues de violences Ces appels auraient entraîné, selon le gouvernement, une série de troubles dans plusieurs localités du pays. Des scènes de violence et de pillage ont été enregistrées à Douala, Dschang, Garoua, Bandja, Ngong, Figuil et Mandjou. Plusieurs édifices publics et privés — sous-préfectures, brigades de gendarmerie, antennes d’ELECAM, mairies et commerces — ont été incendiés ou saccagés.Paul Atanga Nji a fait état de pertes en vies humaines et de plusieurs blessés graves parmi les forces de l’ordre, tout en saluant « le professionnalisme et la réactivité des autorités administratives et sécuritaires » qui ont, selon lui, « évité le pire ». Des poursuites annoncées Le ministre a précisé que le candidat du FSNC devra répondre de ses actes devant les juridictions compétentes pour autoproclamation illégale, incitation à la révolte et destruction de biens publics. Il a également mis en garde ceux qu’il qualifie de « médias de la haine », accusés de relayer les messages séditieux et de contribuer à la désinformation.« Les services spécialisés rassemblent actuellement toutes les preuves – messages, vidéos, publications – pour identifier et traduire leurs auteurs devant la justice », a-t-il averti, soulignant que l’État ne tolérera aucune atteinte à la paix et à la stabilité nationales. Malgré les tensions observées dans certaines zones, la situation sécuritaire reste globalement sous contrôle, a assuré le ministre. Il a invité les citoyens à « tourner la page des divisions », à vaquer normalement à leurs occupations et à « demeurer des artisans de paix ».Pour conclure, Paul Atanga Nji a réaffirmé la détermination du gouvernement à faire respecter la légalité républicaine et à préserver la cohésion nationale après un scrutin qu’il a qualifié de globalement calme et transparent, selon les rapports des observateurs nationaux et internationaux.

Scrutin présidentiel : le MINAT salue un vote apaisé et rappelle le respect du cadre légal

Le Ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a dressé ce dimanche 12 octobre 2025, un premier bilan du scrutin présidentiel tenu sur toute l’étendue du territoire national. Selon lui, les électeurs se sont rendus aux urnes dans le calme et la discipline, marquant une étape importante du processus démocratique. En application du décret présidentiel du 11 juillet 2025 convoquant le corps électoral, les 31 653 bureaux de vote ont ouvert à 8 heures précises et fermé à 18 heures dans les 360 arrondissements du pays. Les bulletins des douze candidats validés par le Conseil constitutionnel ont été distribués par Elections Cameroon (ELECAM) dans toutes les régions, a assuré le membre du gouvernement. D’après les rapports transmis au MINAT par les autorités administratives, aucun incident majeur n’a été signalé. Le ministre s’est félicité du bon déroulement des opérations de vote, tout en notant une « faible représentation de certains candidats dans plusieurs bureaux de vote ». Ces constats, a-t-il ajouté, seront affinés au fur et à mesure que les commissions locales achèveront leurs travaux. Le processus électoral a également été suivi par de nombreux observateurs. Le MINAT a indiqué avoir enregistré 165 demandes d’accréditation provenant d’organismes nationaux et internationaux, d’associations religieuses, d’ONG et de missions diplomatiques. Au total, 5 575 observateurs ont obtenu leur accréditation et ont circulé librement à travers les dix régions, « dans le respect des lois de la République ». Alerte contre les faux résultats Tout en saluant la maturité politique des électeurs, le ministre a dénoncé des tentatives d’annonce illégale de résultats à travers des plateformes non autorisées. Il a rappelé que la centralisation et la publication des résultats relèvent exclusivement des commissions de supervision et du Conseil constitutionnel, seules institutions habilitées à proclamer les résultats officiels. « Toute initiative parallèle sera considérée comme une provocation et traitée comme telle », a prévenu Paul Atanga Nji, citant le Président Paul Biya : « Il ne faut pas jouer avec le Cameroun. » Pour le MINAT, la phase électorale s’achève et la parole revient désormais aux instances de centralisation. « Dès aujourd’hui, la récréation est terminée. Les institutions compétentes prennent le relais », a-t-il martelé, invitant les candidats à faire preuve de responsabilité et à recourir uniquement aux voies légales pour toute contestation. Le ministre a également mis en garde contre la diffusion de faux résultats ou la manipulation de données électorales sur Internet. Toute infraction en ce sens, a-t-il insisté, « sera sanctionnée sans complaisance, conformément à la loi ». En clôturant son propos, Paul Atanga Nji a réitéré la position du gouvernement : le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 s’est tenu dans un climat apaisé, sécurisé et globalement satisfaisant sur l’ensemble du territoire camerounais.

Maroua : sous la baguette de Midjiyawa Bakari, une visite présidentielle transformée en leçon d’efficacité

Le 8 octobre 2025, Maroua n’a pas seulement accueilli le Chef de l’État et son épouse. La capitale de l’Extrême-Nord a offert au pays une démonstration d’organisation, de discipline et d’unité rarement observée à ce niveau. Derrière cette orchestration millimétrée, un homme : Midjiyawa Bakari, gouverneur de la région, dont la maîtrise et le sens du devoir ont marqué les esprits. Un travail de fond avant la lumière Bien avant les projecteurs, les discours et les acclamations, la transformation de Maroua avait déjà commencé. Sous l’impulsion du gouverneur, la ville s’est refait une beauté : routes nettoyées, trottoirs repeints, façades ravalées, espaces publics réhabilités. Les axes stratégiques reliant l’aéroport au centre-ville ont été minutieusement inspectés, les services techniques mobilisés jour et nuit. Rien n’a été laissé au hasard. Du protocole au balisage sécuritaire, chaque acteur savait sa mission. C’est dans cette précision que se lit la marque de Midjiyawa Bakari : une rigueur discrète mais implacable, un sens du détail qui élève le travail administratif au rang d’art. « À Maroua, tout a été pensé, planifié et exécuté dans l’esprit du Renouveau », confie un haut responsable régional. « Le gouverneur a voulu que cette visite soit le miroir de la loyauté et de la dignité de sa population. » Un accueil populaire Le jour J, dès l’aube, la ville s’est couverte de monde. Des milliers de personnes, venues des six départements de la région, ont convergé vers les rues de Maroua. À l’aéroport de Maroua-Salak, le Couple Présidentiel a été accueilli dans une ferveur maîtrisée : chants, danses, drapeaux brandis, sourires radieux. Si l’ambiance était électrique, l’ordre n’a jamais vacillé. Les dispositifs de sécurité, pensés jusque dans le moindre détail, ont assuré la fluidité du cortège présidentiel. Entre enthousiasme et discipline, Maroua a offert au Cameroun une image rare : celle d’une région à la fois joyeuse et responsable. Et c’est là qu’apparaît la signature du gouverneur : un leadership capable de fédérer, sans jamais écraser. Il n’impose pas, il coordonne. Il ne s’expose pas, il agit. C’est dans cette posture qu’il a bâti sa réputation d’homme de l’ordre et du dialogue. À l’heure où certaines régions du pays affrontent des tensions post-électorales, l’Extrême-Nord se distingue par sa stabilité retrouvée. Ce climat apaisé n’est pas un hasard : Midjiyawa Bakari y veille avec la vigilance d’un bâtisseur. Il encourage les concertations locales, renforce la présence de l’État sur le terrain et rappelle à chaque responsable administratif le sens du devoir et de la neutralité. Sous sa gouvernance, la paix est devenue une discipline collective. Chaque visite ministérielle, chaque événement officiel est une opportunité pour renforcer le lien entre les institutions et les citoyens. « Le gouverneur ne parle pas de paix, il l’organise », confie un notable de Makary. « Son autorité inspire confiance parce qu’elle est juste. » Un modèle de gouvernance à visage humain Midjiyawa Bakari n’est pas seulement un administrateur rigoureux. Il est aussi un homme d’écoute, proche des réalités locales. Dans les marchés, les chefferies ou les zones rurales, sa présence rassure. Il sait conjuguer exigence administrative et compassion sociale, un équilibre rare dans le paysage institutionnel. Il soutient les jeunes porteurs de projets, encourage les groupements féminins et veille à ce que chaque commune bénéficie des retombées du développement régional. Son approche se résume en trois mots : écouter, planifier, agir. La visite du Couple Présidentiel à Maroua n’aura duré qu’un jour, mais son empreinte restera durable. Pour les populations, elle fut une fierté. Pour l’administration, une démonstration. Et pour Midjiyawa Bakari, une confirmation : celle d’un homme capable de faire rayonner sa région sans fracas, par la seule force de l’organisation et du devoir accompli. En redonnant à Maroua son éclat et à l’Extrême-Nord sa confiance, il a prouvé qu’un gouverneur pouvait être à la fois stratège, rassembleur et bâtisseur. À l’image de sa région, il avance sans bruit, mais avec assurance.

Canne blanche : le CJARC veut éduquer les conducteurs pour protéger les malvoyants

À Yaoundé, le 15 octobre 2025, le Centre des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) a célébré la 45ᵉ Journée internationale de la canne blanche sous le signe de la sécurité routière et de la sensibilisation. L’organisation appelle à une meilleure prise en compte du langage de la canne blanche dans la formation des conducteurs et plaide pour sa reconnaissance officielle par les pouvoirs publics. Pour Dr Coco Bertin, directeur général du CJARC, cette édition marque un tournant. « Nous voulons nous adresser spécifiquement aux auto-écoles et aux syndicats de transporteurs afin qu’ils intègrent la formation au langage de la canne blanche dans leurs programmes », a-t-il indiqué. Cette démarche vise à rendre la route plus sûre pour les personnes déficientes visuelles. Le centre prévoit également de lancer des campagnes nationales de vulgarisation et de soumettre un plaidoyer au gouvernement pour rendre ce langage obligatoire dans l’enseignement de la conduite. Un symbole d’inclusion citoyenne Le thème retenu cette année — « Canne blanche, outil d’inclusion et de participation citoyenne en période électorale » — rappelle l’importance de cet instrument, non seulement comme aide à la mobilité, mais aussi comme symbole d’autonomie et de citoyenneté.Lors de la cérémonie, le CJARC a remis 200 cannes blanches à des bénéficiaires venus de tout le pays, en présence des représentants du Ministère des Affaires sociales et de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés. Un langage visuel à apprendre Le cofondateur du CJARC, Amahata Adibita Martin Luther, a présenté les gestes essentiels du langage de la canne blanche. « Quand la canne est levée vers le ciel, c’est un signe de détresse. Quand les pieds forment un V et que l’index est levé, cela signifie que la personne cherche un taxi », a-t-il expliqué. Mais, regrette-t-il, ces gestes restent largement inconnus : « Beaucoup d’usagers ignorent nos codes. C’est pourquoi nous devons éduquer la société, pour qu’elle sache que nous existons aussi sur la route. » « J’ai échappé de peu à un accident » Un témoignage poignant est venu rappeler la nécessité d’une telle éducation.Arnaud Djuiki, malvoyant, raconte : « Un véhicule m’a cédé le passage, mais ceux qui suivaient ont doublé sans chercher à comprendre. J’avais déjà commencé à traverser. C’est de justesse que j’ai évité l’accident. » Pour lui, il faut désormais passer de la sensibilisation à la contrainte : « La canne blanche est juridiquement reconnue. Le Cameroun a ratifié la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées. Il faut maintenant des actions8 concrètes et des sanctions pour ceux qui ne respectent pas les règles. » Au-delà de la célébration, le CJARC appelle à une prise de conscience nationale autour du respect de la canne blanche. « C’est un langage universel. Pour qu’il protège, encore faut-il que chaque citoyen en comprenne le sens », a conclu Dr Coco Bertin.